Dans un "tiré à part", accompagnant le N°9 de XXI, nous présentons des témoignages de lecteurs, recueillis par Sarah
Masson, étudiante à l'école de journalisme de Tours, et proposons de les retrouver en intégralité sur le blog. Les voici donc, tels que.

Sylvain Van de Sype
28 ans, architecte, Paris
Tout le monde peut apprendre quelque chose en lisant XXI. La plupart du temps, on ne sait rien des sujets
traités.
J’aurais envie de feuillets détachables. J’aime l’idée qu‘on puisse en enlever une partie et l’emmener avec soi, le
partager, l’échanger.
C’est comme si là-dedans il y avait toutes les curiosités que moi je ne vais pas chercher.
On est toujours sur le fil du rasoir entre l’univers fictionnel (BD, portfolio) et l’information. J’aurais besoin qu’on
me dirige plus dans l’info : je ne suis pas confiant à 100%. C’est comme lorsque quelqu’un vous retient si vous tombez : vous hésitez.
Catherine Blondy
52 ans, conseillère en communication, La Rochelle.
Quand je reçois XXI, je me cale dans mon canapé et je prends ma soirée pour le lire, comme un roman.
Les choses sont racontées très simplement, parfois avec beaucoup d’humour, par des gens qui ne se croient pas sortis de
la cuisse de Jupiter… Parfois, j’en ai les larmes aux yeux.
J’aime la part laissée au lecteur, à son émotion, à son imagination.
Michèle Garreau
53 ans, documentaliste au lycée Paul Guérin de Niort : elle a abonné le CDI de son lycée à la
revue
C’est la seule revue que je puisse lire au lit : à chaque fois, on entre dans une histoire. Ce qui fait le charme de
XXI, c’est cet abord dans l’intime, cette espèce de micro-regard dans le creux des choses.
XXI a changé ma vie : on est content de ne plus être dans le zapping de l’information. Certains reportages sont
bouleversants, ils font ressortir en creux ce qui peut manquer de qualité dans certains autres organes de presse.
Jean-Christophe Groffe
31 ans, musicien, Suisse
Le rythme de parution permet un recul intéressant sur les choses. On a un rapport au temps différent, c’est agréable de
ne pas être dans l’urgence.
Je suis abonné à XXI et au Canard Enchaîné, deux objets totalement différents, à la fois dans la périodicité et dans la
manière de traiter l’info. Avec ces deux titres, je garde un lien agréable avec la France.
Jean-Damien Bureau
60 ans, « jeune retraité » (il tenait une agence de publicité), Golfe du Morbihan.
Dès les premiers numéros, j’ai été attiré physiquement par le format, la mise en page, l’esthétisme. Je la lis avec
gourmandise.
Je les ai pratiquement en permanence sous les yeux, j’y reviens sans cesse. C’est une revue qui peut rester sur une table
de salon ou dans une bibliothèque.
C’est un joli mélange entre esthétisme et intelligence. On se demande comment on faisait avant !
Luména Duluc
30 ans, journaliste dans une société d’édition d’hebdomadaires régionaux, Paris XVIIe
Le traitement éditorial est plus proche du lecteur. Il y a une convivialité, un lien de proximité. Même si les sujets ne
nous touchent pas directement, ce sont des histoires racontées par des gens qui ne sont pas en train de nous expliquer la vie.
C’est presque un objet de collection. Contrairement aux hebdomadaires, ce sont des revues qui se
conservent.
XXI exige de prendre du temps, plutôt que de le combler : il ne se lit pas aux toilettes.
Valdemar Cruz
50 ans, journaliste portugais. Réside à Ovar, à 30 km de Porto.
La nouveauté, pour moi, est dans la pure audace contenue dans l’idée même de faire un magazine comme celui-là : sans
publicité un large espace pour le grand reportage. et
XXI a tout simplement confirmé ma conception du journalisme. Alors que partout, on voit la glorification d’un journalisme
de spectacle, on oublie l’humanité contenue dans le spectacle du monde : avec les histoires des gens qui sont partie de notre quotidien.
Marie-Laure Worowski
59 ans, Pékin, Chine
Ce que j'aime c'est la possibilité de pouvoir continuer à se documenter après la lecture d'un article grâce à la rubrique
"Pour aller plus loin".
Je la lis comme un livre de nouvelles. Le dernier numéro reçu est sur ma table de chevet et au gré de mes siestes ou
lectures du soir, j’en savoure un morceau.
Si je devais écrire dans XXI, j’évoquerais les sans-toits, sans-lois, sans-foi, les exclus du monde des
vivants.
Alexandre Tassy
29 ans, gérant d’un hôtel au Salvador
Je la lis comme un ministre, le matin avec un bon café, c’est ma petite revue de presse : « qu´est ce que nous
avons aujourd´hui ? ». C´est mon journal à moi. Chaque jour je la lis ou la feuillète, la revue fait partie du décor, posée un peu partout.
La revue nourrit ma curiosité. La planète n´arrête pas de tourner et il se passe plein de choses incroyables, fabuleuses,
terribles. Etre au courant, c´est être dans son temps.
J’aime l’idée de pouvoir deviner la personne qui se trouve derrière le journaliste. J’ai besoin de sentir que quelqu´un
me parle. Je pense que l´écriture s´humanise, devient vivante au moment où l´auteur parle un peu de lui-même, le message passe de manière, plus naturelle, sans chichi. C´est cela qui me plait
dans XXI, le ton, la manière dont l´information est transmise. Le fait que l´on se sente proche des auteurs. plus simple, plus directe
Daniel Karlin
68 ans, réalisateur, Pré St Gervais
Je retrouve dans XXI une forme de journalisme que je croyais en voie de disparition. Cette revue donne à nouveau des
espaces, du temps et des moyens.
On sent par moments une espèce de préciosité dans l’écriture qui est inutile et un peu agaçante. Comme il y a des gens
qui s’écoutent parler, d’autres se lisent écrivant.
Ce qui est formidable avec XXI, c’est que cela montre que cela peut exister.
Quand je travaillais à la télévision, on me disait souvent « Tu vas faire embêter la concierge de
Carcassonne ». XXI montre aussi que la concierge de Carcassonne est capable de beaucoup plus d’intelligence que l’intellectuel de la rive gauche parisienne.
Carine Pousse
35 ans, Professeur d’histoire-géo en collège, Lyon
Je suis en colère contre la presse en général car les journalistes ont une lourde responsabilité et souvent, c’est le
service minimum, il n’y a pas tellement de recherche et d’analyse. Avec XXI, on a de vraies enquêtes.
Parfois la photo manque un peu : je suis historienne de formation, j’ai besoin de vrai, pas nécessairement de passer
par le prisme d’un artiste pour le visuel.
J’aime le parti-pris du journaliste qui s’inclut dedans, qui s’engage.
Simon Courret
26 ans, ingénieur dans l’éolien, Lyon
J’aime le style littéraire de XXI, on a l’impression de lire un roman tout en s’informant.
On y aborde des sujets pas toujours évidents (par exemple les irradiés des îles Marshall) d’une manière plus simple et
plus accessible, on se plonge plus facilement dedans.
C’est de l’information qu’on met sur sa table de chevet.
Edgar Mbanza
31 ans, journaliste et chercheur en anthropologie des médias, entre Paris, Marseille, N’Djamena et
Dakar.
XXI sait bien écrire le monde dans sa complexité et essaie de revenir aux fondamentaux du journalisme d’enquête
sociale : voir le monde à travers différentes perspectives, selon des échelles différentes. Pour moi, c’est cela le nouveau média.
J'adhère aux "récits" bien écrits. XXI se rapproche de mon idéal journalistique : un mélange de grand reportage,
d'ethnographie (description dense, décentrement...) et de roman (usage des figures de style pour créer, pour représenter le monde de façon originale, et non pas pour ressasser des
stéréotypes).
Thomas Zannoni
31 ans, Belge installé à Barcelone, professeur de français
XXI a un côté anecdotique : on part d’une histoire individuelle, on en fait un récit, une histoire. Je le lis comme
un livre, de la première à la dernière page.
Ce sont essentiellement des rencontres, des tranches de vie. Parfois même c’est la rencontre entre l’auteur et le
lecteur. Dans le récit sur le curé de Bretagne, l’auteur s’inclut dans le récit, c’est comme s’il venait me prendre la main.
Alexandre Borel
22 ans, étudiant en psychologie, musicien, Frouzins (31)
XXI se pose différemment d’une presse qui existait jusqu’alors : il laisse une part active au lecteur, il n’est pas
là simplement pour recevoir l’info, il peut aller chercher plus loin, notamment avec les références en fin d’article.
L’idée avec XXI, c’est de la partager.
Je ne sais pas sous quelle forme, mais j’aimerais que XXI permette plus d’engagement et d’investissement des
lecteurs.
Bernard Dainese
55 ans, professeur de mathématiques, Toulouse
La première fois que j’ai vu XXI, je me suis fait avoir par le format rectangulaire et par l’originalité du
graphisme.
A chaque fois, je suis surpris par l’épaisseur des sujets traités et par la richesse des références pour chaque
article.
Quand je le reçois, je sais que j’ai trois mois, je le mets de côté, je me le prépare, je ne le lis pas n’importe où,
n’importe quand.
J’aime le mélange des genres dans XXI, quand vous passez du portfolio à la BD, vous basculez dans une autre
revue.
Eliane Duval
55 ans, en fauteuil roulant depuis 37 ans, bénévole pour l’accessibilité dans sa région, St Valery en Caux
(76)
XXI, son éclectisme, ses portraits de personnalités, son format, son odeur, les petites news comme ça, l'air de rien, la
diversité des thèmes… J'aime aussi quand l'ongle dérape sur la page granuleuse et que ça fait scrraapp … La BD de la fin, les couleurs de la couverture qui m'appelle si je fais semblant de passer
sans la voir !
Derrière les vitres de la véranda au soleil bas de l'automne ou bien dans la cuisine quand mijote la soupe aux poireaux,
je lis des enquêtes, des interviews. Lectures aléatoires, saveurs diverses, inconnues, reconnues, éveil des papilles.
XXI, ce sont aussi des journalistes écrivains qui se font sentir par leur plume davantage que par une technique
journalistique ; comme Émile Hugo ou Victor Zola.
Arthur Périn
30 ans, forestier de profession mais travaille surtout sur des projets de développement à l'étranger (lutte
contre la désertification pour une ONG française). Mopti (Mali).
Je la laisse sur la table du salon (les couvertures sont super jolies, c’est très fancy, cela relève quasiment de la
décoration intérieure) et je la feuillète, un article à la fois.
J'ai souvent un peu de difficulté à entrer dans des articles longs lorsque ceux-ci sont trop factuels et analytiques,
sans émotion. Je n'ai pas eu cette sensation là en lisant les articles de XXI. Peu d'actualité, où alors sous un angle vécu et personnifié, cela me plait.
Christophe Barthélémy
43 ans, professeur d’histoire-géo, vit à Moscou depuis dix ans
Ce que j'aime dans cette revue, c'est que ses articles ne sont jamais bâclés, jamais mal écrits, jamais banals même sur
des sujets qui à priori ne m'intéressent pas. J'aime l'idée d'être surpris.
Cela ressemble à une revue que je lisais quand j'étais étudiant qui s'appelait L'Autre journal, dans laquelle on avait
l'impression d'être plus intelligent après l'avoir lu. XXI rappelle aussi la tradition de la revue russe du début du XXe siècle.
Alexandre Etuy
35 ans, directeur financier de la filiale japonaise d'un grand groupe industriel français, Tokyo
Ce qui m'attire dans cette revue, c'est la plongée dans l'histoire contemporaine, documentée par un travail de
journaliste mais hors du formatage habituel.
XXI est une revue entre le magazine et le livre dont elle garde le caractère durable à mes yeux : je me pose dans un
fauteuil pour lire XXI.
Il y a un peu de documentaire, réaliste et poétique : cet esprit me fait parfois penser à l'émission Strip Tease. C'est
aussi quelque chose comme un « journalisme d'infusion » qui prend une distance par rapport au flot de « niouzes ».
Yann Sanchez
31 ans, ergonome, Tramoyes (Ain)
J'ai un rapport plus intime aux sujets qui sont traités: je me sens mieux « habiter » le monde (mon pays, ma
planète) depuis que la revue est là. C'est une fenêtre sur l'autre et l'ailleurs.
Je la lis là où je peux l'emporter : au resto quand je déjeune, en déplacement dans une chambre d'hôtel, dans mon hamac
en vacances.
Disons que les articles me font penser à un reportage photo, mais écrits: l'implication de l'auteur se retrouve dans son
objectif, sa focale, le grain de son image et la mise en scène plus ou moins naturelle. Ils dévoilent tout ou partie d'un sujet, ce qui nous laissecomplexe derrière les sujets, les personnes et
situations décrites dans les reportages. supposer une vie
Ce format documentaire, écrit, laisse deviner beaucoup de richesse, voilà peut-être ce que j'apprécie le
plus.
Isabelle Bouchez
50 ans, médecin généraliste, Saint Georges sur Cher
Il n’y a pas de parti-pris, on nous décrit simplement les faits, XXI a une façon d’aborder la politique qui me semble
nouvelle.
On a l’impression d’entrer dans l’intimité sans être voyeuriste, en respectant la différence, la simplicité, parfois le
peu de moyens des gens.
Cyril Bonnier
38 ans, directeur commercial, Chavenay (78)
J’ai toujours hâte de le recevoir. Je le lis dans l’ordre et en entier. A chaque fois, il y a une attente positive du
prochain numéro.
C’est une revue qui me parle, qui est proche de moi, tout en abordant des sujets qui ne sont pas forcément dans mon
domaine.
J’en fait la publicité, je l’offre, la prête, l’amène au bureau…
Isabelle Cabut
46 ans, institutrice, Saint Pancrasse
J'ai bondi sur le numéro 1 dans une librairie de Grenoble et je me suis abonnée tout de suite pour donner la chance à ce
journal de démarrer.
On nous laisse libre de choisir notre interprétation, on ne sent pas de prosélytisme politique sournoisement
infiltré.
Je la lis à la fois comme un roman (dossier) comme un journal de brèves hors normes (aperçus, détonant, dans
l'œuf et flash back) comme une nouvelle pour les sujets plus courts, mais surtout quoi qu'il arrive je la lis avec délectation, même si je ne la dévore pas dès qu'elle arrive, par manque de
temps, et puis aussi pour faire durer le plaisir !
XXI m'apporte l'ouverture sur le monde, l'oxygène indispensable à ma respiration intellectuelle, c’est la lumière dans le
couloir sombre des lieux communs dont on nous rebat les oreilles.
Lisa Fras
25 ans, en formation de maraîchage biologique, assistante d’éducation en collège, Saint-Afrique
(Aveyron)
J’avais une frustration par rapport aux revues en général, je trouvais qu’il n’y avait pas grand-chose de novateur. XXI
s’attaque à des sujets pas forcément médiatiques, cela permet d’apprendre des choses de manière originale.
XXI est plus un livre de chevet, je le lis par petits bouts, au fur et à mesure.
Valérie Sorensen Ravnso
40 ans, traductrice, La Haye (Pays-Bas)
J’aime les recherches et investigations menées par les auteurs et qui les ont conduit à écrire tel ou tel article, les
univers qu’ils renferment, l’humanité des personnages rencontrés…
XXI est pour moi un voyage avec ses couleurs, ses odeurs et ses univers particuliers. Un voyage parmi les hommes. C’est
l’humanité de cette revue qui me manquerait si elle n’existait pas. Je suis soulagée de voir que ce journalisme existe encore. J’y retrouve le ton d’Albert Londres.
Joël Adam
60 ans, ancien cadre dans la fonction publique territoriale, Susmiou (Pyrénées Atlantique)
Ce qui m'attire dans XXI, c'est avant tout son humanisme : l'homme et la femme sont les héros heureux ou malheureux de
tous les articles.
XXI, ce n'est pas non plus la Bible ! Elle m'apprend cependant à être plus curieux, à davantage regarder autour de moi, à
être plus exigeant dans mes recherches d'informations.
C'est aussi le sentiment d'un grand respect du lecteur. Il est pris pour un adulte, qui peut penser par lui-même : les
éléments d'information nécessaires lui sont livrés dans le détail, ils sont complétés par la rubrique « pour aller plus loin », à lui de se faire son opinion.
Pierre Voisin
51 ans, ouvrier dans l’industrie cosmétique, Orléans
J’apprécie l’absence de publicités : je n’aime pas qu’on me vende une paire de chaussures quand je lis un
texte.
On s’adresse aux gens de façon plus intelligente, on fait peut-être plus marcher leur sens critique. Les articles donnent
à réfléchir, ils ne sont pas mâchés, on laisse le lecteur libre de penser ce qu’il veut. On ne vous dit pas « Voilà mon article, voilà ce que vous devez penser ».
XXI brise un peu nos certitudes, on se rend compte que rien n’est figé. Cela permet de rester ouvert à toutes
choses, de ne pas avoir d’a priori.
Il y a un peu trop de petits articles au début : je les lis et deux minutes après je les oublie.
Mathieu Billière
36 ans, professeur de français en lycée professionnel et technologique
J’aime bien l’idée du journalisme à l’américaine et à la Albert Londres. Ce n’est pas le nouveau qui m’intéresse dans
XXI, c’est l’ancien : retrouver quelque chose qui ressemble au Washington Post, l’impression de revoir Les Hommes du président.
Les articles sont parfois trop factuels, il manque une mise en perspective, quelque chose à la fin qui permette de
comprendre. J’aimerais que XXI soit un peu plus militant. Les rubriques du début tombent de plus en plus dans le travers de la rubrique, le passage obligé dans un journal.
La façon d’écrire est beaucoup plus honnête, le « je » s’affiche et ce n’est pas un « je » de
majesté.
Je les lis comme des revues et les range comme des livres. J’aime bien l’aspect « pagaille », on peut nager
dedans. Il y a de quoi nourrir la réflexion pendant longtemps.
Delphine Bernollin
28 ans, a suivi son conjoint en Roumanie, Bucarest.
Je l’ai découverte pour la première fois par hasard dans une librairie. Elle m’a interpelée par son format
horizontal.
C’est une revue qu’on a envie de garder et de relire. On lui souhaite longue vie et on espère que nos petits-enfants
participeront à la revue XXIII !
C’est comme un livre que je grignote. Mais cela reste de l’information, on y aborde des pays ou des lieux dont on ne
parle pas forcément.
Alexandra Lamoureux
33 ans, audit de contrôle interne, Bagnolet (93)
C’est plus direct, cela parle tout de suite, on ne tourne pas autour du pot, on peut aller vraiment en profondeur. On se
sent impliqué dans ce qui est écrit.
Quand on lit un article, on le rapproche forcément avec des choses liées à soi. Cela me fait penser aux gens que je
croise dans la rue, aux femmes de ménage que j’aperçois dans mon bureau …
L‘humain n’est jamais oublié, il y a des sujets société, économiques, politiques, mais on n’oublie jamais de les replacer
avec ses acteurs principaux qui sont les hommes.
Comme elle se lit comme un livre, un format livre serait mieux, plus pratique pour lire dans le RER.
XXI, c’est un peu la facilité : ça ouvre des portes, c’est joli, ça fait plaisir. C’est un facilitateur d’accès à
l’information.
Roddy Laroche
37 ans, éducateur, Montreuil
Je l’ai découverte par hasard dans une librairie et ensuite je suis allé au lancement du premier numéro dans cette même
librairie.
J’aime le côté éclectique : le mélange de textes, le rapport aux photos, la bande-dessinée. C’est une revue à la
fois très moderne, il y a quelque chose d’universel et d’intangible et elle reste en même temps très classique.
C’est de l’information mais on entre dans une histoire comme dans un petit roman. Enfin, des reportages qui prennent leur
temps.
Christine Chinosi
58 ans, directrice d’un dispositif publique de santé et justice dans la protection à l’enfance,
Paris
Ma toute première impression de XXI, je l’ai eu sur le bureau de mon collègue. La maquette m’a accroché l’œil et je me
suis dit « qu’est-ce que c’est que ça ? »
J’ai une passion pour la lecture et pour l’information et je suis très sélective. Il y a à la fois une dimension
culturelle, d’exigence, de grande qualité et ce côté décalé où l’on se sent chez soi.
Au-delà de la qualité, c’est un objet que j’aime passionnément. Je suis véritablement tombée en amour avec cette revue.
Mes XXI, je les garderai. Comme mes livres, je ne les jette jamais, ne les donne jamais. Un objet littéraire fait partie de la vie affective, prend de la place dans notre vie. Désormais, je ne
voudrais pas la rater.
Au début, j’ai eu peur qu’elle ne trouve pas suffisamment son public et qu’on ne puisse plus la trouver. C’est un objet
complètement à part, singulier, décalé, en même temps gentil, joli, intelligent.
Sylvia Eskenazi
50 ans, directrice de clientèle à l’agence textuel et rédactrice en chef du magazine Du côté de chez vous, diffusé
dans les magasins Leroy-Merlin, Paris.
J’aime l’idée de cette revue. Je suis heureuse qu’elle existe. Ca me fait du bien, de savoir qu’elle est là. Je
sens des humains derrière les propos et aussi une rigueur dans la ligne éditoriale. C’est une revue qui fait sens dans le monde de l’immédiateté de l’information et son succès me redonne courage.
Je me sens moins seule.
Je la trouve moderne et en même temps atemporelle. On y trouve une exploration de tous les rapports entre texte et
image.
C’est quelque chose que je n’identifie pas vraiment. XXI a un rapport à l’actualité et au monde qui me séduit. Pour moi
cela reste un produit de librairie, un objet de désir. Entrer dans une librairie, c’est un moment de repos, de calme alors qu’un kiosque, c’est plus agressif.
A la différence de la presse magazine qui est très formatée, très lisse, là, c’est l’émergence d’individus. C’est plus
proche de la nouvelle que du reportage.
J’aime l’idée qu’elle puisse s’adresser autant à moi qu’à ma fille de 20 ans par exemple.
Pauline André
23 ans, étudiante en journalisme, Nantes
Lorsque j'ai découvert le premier numéro, cela a été un grand moment d'enthousiasme et de surprise à la fois. Un projet
aussi ambitieux était presque inespéré.
XXI a été le premier média dans lequel je me suis reconnue.
L'importance que le magazine accorde à l'image m'a aussi beaucoup plu car je pense que le fond et la forme sont
indissociables pour capter l'œil du lecteur.
XXI se lit comme un magazine mais on le conserve comme un livre, précieusement dans sa bibliothèque.
Marie Olivar
40 ans, ingénieur dans l’industrie automobile, Chaville (92)
On est abreuvé d’informations, qui circulent en temps réel et qui sont souvent fausses, XXI est un des rares à garder ce
recul de l’investigation.
Il y a une justesse de l’information révélée par le récit. Ce n’est pas du micro-trottoir.
On n’a pas l’exigence d’exhaustivité, contrairement aux journaux quotidiens, dans lesquels on attend une revue complète
de l’actualité. XXI reste un objet de plaisir.
Rémi Hemmer
50 ans, professeur d’allemand en classes préparatoires, Montreuil-Juigné
(Maine-et-Loire)
L’intérêt de cette revue, c’est qu’on développe certains sujets avec les « anonymes », en racontant ce qui se
passe, tout en préservant un espace à la fin pour les ouvertures sur le sujet.
Pour moi, cette revue a une réelle orientation politique qu’on peut voir dans l’intérêt pour ce continent oublié qu’est
l’Afrique par exemple. Elle n’est pas affirmée mais on la perçoit dans le choix des sujets : il s’agit d’avoir une réflexion critique par rapport au fonctionnement du monde.
A certains moments la narration est un peu longue, elle prend un peu trop de place. Comme je suis habitué à la lecture
transversale, il m’arrive parfois d’aller plus loin et de m’arrêter quand quelque chose m’accroche.
XXI a fait le choix d’un papier recyclé, c’est tout à son honneur mais pour les photos, on aimerait du papier glacé,
elles perdent de leur qualité.
Aurélie Ganga
40 ans, journaliste, Chaville
J’ai découvert XXI il y a un an, dans une gare, je devais prendre un train que je venais de rater. Cela m’a tout de suite
interpelé : je me suis dit « Tiens, XXIe siècle, qu’est-ce que c’est ? ». C’est comme cela qu’a démarré mon histoire avec XXI.
XXI, c’est surtout un ton bien défini, un style d’écriture.
C’est une revue ouverte sur le monde, on y trouve une forme d’universalisme, un échange entre les cultures. On ne ressent
pas l’aspect gauche caviar. Elle donne la parole à des gens d’horizons divers. Cela donne du dynamisme.
Les reportages sont très bien menés. Pour moi, c’est un complément à mes lectures quotidiennes de presse
classiques.
Quand je lis un article, j’ai l’impression de voyager et de faire l’enquête avec l’auteur. Dans mon imaginaire, je vois
le film, les images défilent dans ma tête.
Frédéric Meynent
40 ans, directeur marketing dans le domaine des sports de montagne, Viuz en Sallaz (74)
Aux détours d'errances radiophoniques (France Inter), j'entends qu’une nouvelle revue voit le jour, qui donnera toute sa
place au reportage au long cours. Un tour sur le blog de XXI me le confirme, je tiens la perle rare! Une visite chez le libraire pour constater qu'il a déjà tout vendu…Je m'abonne, je manque le
numéro 1. Deux ans plus tard, je suis toujours fidèle à XXI, et j'ai enfin dégauchi ce fameux numéro 1!
Atypique dans son format, dans sa distribution mais aussi dans son traitement. Le meilleur choix de XXI est, à mon sens,
d’avoir su trancher ce satané fil de l’actualité continue. Un peu de recul, de raisonnement et de raison dans ce monde pressé est un luxe rare mais jouissif !
Dans XXI, ce sont avant tout des histoires avant d’être des sujets. D’où ce sentiment d’intimité, de
profondeur.
Dans mon quotidien, XXI m’apporte des rencontres, des histoires, un regard plus acéré sur le monde que nous faisons, où
les choix d’ici sont les conséquences d’à-côté. Cette mise en perspective m’aide à m’éveiller aux autres et à moi-même.
Léa Froment
25 ans, comédienne et étudiante en journalisme, Tours
Une revue à contre-courant qui offre enfin un peu de temps pour soi. Un temps pour le voyage de l’esprit et pour
l’imagination. XXI, ce sont des auteurs, souvent très divers, qui nous emmènent en voyage avec eux.
La subjectivité, la personnalité de chacun est valorisée et de ce fait, le lecteur se sent pris en compte.
Enfin on prend le temps de s’asseoir et de lire une revue sans culpabiliser, sans avoir le sentiment de perdre son temps
et c’est très agréable. XXI donne du sens aux petits riens, à l’ordinaire, où à ce qui, a priori, nous est étranger.
Une revue d’un autre temps (celui où on prenait le temps), où des auteurs d’horizons divers peuvent s’exprimer et nous
raconter leurs histoires, des histoires qu’ils narrent avec tellement de sensibilité que celles-ci semblent proches de nous.
XXI, ce sont des nouvelles denses et subtiles. Il y a une vérité et une beauté dans cette revue (tant esthétique que sur
le fond) qui donne envie de partir à l’aventure et aussi de mieux regarder ce - et ceux - qui nous entourent.
Alain Schlesinger
55 ans, scénariste, réalisateur et producteur, Paris
Je l’ai découverte aux toilettes (lieu sacré de lecture), mon amie l’avait acheté.
Je n’aime pas du tout le papier, cette pseudo-mode graphique, ce grain, cela boit la couleur.
Dans la grande tradition des revues littéraires françaises, XXI prend à la fois de l’angle et de la distance et propose
un autre rapport au monde qui nous entoure, entre journalisme et littérature.
Hélène de la Montagne
60 ans, en préretraite dans la région de Béziers
Lorsque j’ai entendu la voix de Patrick de Saint-Exupéry à la radio, j’ai fait 25 kilomètres pour trouver la revue et
tout de suite, ça a été le coup de foudre. Pour moi, en terme de qualité, c’est le summum.
J’ai écrit à plusieurs reprises à la rédaction de XXI. Mon dernier courrier a été publié dans le courrier des lecteurs.
Je terminais ma lettre par « Je vais thésauriser pour me réabonner ». Un lecteur, touché par mon courrier a décidé de prolonger lui-même cet abonnement. Cet épisode est à l’image de
XXI, de la délicatesse, de la considération des gens qui sont partis avec eux dans cette aventure.
Le jour où je le reçois, je le déguste comme si c’était un recueil de nouvelles.
C’est ma Bible d’informations. Elle fait partie des livres précieux que je garde chez moi. Je ne la prête pas et ne la
partage qu’avec parcimonie.
Aurélien Marone-Missud
29 ans, monteur audiovisuel, Reims
J’en ai entendu parler via une émission radiophonique et comme tous les gens qui n’avaient pas compris qu’il fallait la
chercher en librairie et pas en kiosque, j’ai mis un peu de temps à la trouver !
Pour moi qui viens de l’image, je trouve que cela manque de place pour la photo, un dessin est encore plus subjectif
qu’une photo. J’aurais aimé voir le visage de Paco l’égoutier cet été par exemple.
J’apprécie la page sur les auteurs mais j’aimerais qu’ils soient un peu plus à l’honneur, en savoir plus sur eux pour
mieux comprendre leur démarche par rapport à l’article.
Julie Benet
35 ans, chargée de projet à la Cité de la musique, coordination des expositions, Ivry-sur-Seine
J’aime beaucoup le reportage au long cours mais je ne trouve pas suffisamment de différence de ton d’un journaliste à
l’autre. J’ai presque l’impression que c’est toujours la même personne qui écrit, même si ce n’est évidemment pas le cas. Cela donne un petit effet de lissage, qui n’est pas désagréable par
ailleurs.
J’aime le parti-pris un peu politique de XXI, une revue « alter-quelque chose », au moins alternative aux
autres revues : le fait qu’il n’y ait pas de tarif préférentiel pour les abonnements, le soutien aux libraires…
Marine Barreyre
30 ans, directrice et fabricante dans une maison d'édition de bandes dessinées, Lille
Je l'avais tout d'abord offerte à mon père pour lui faire découvrir, parce qu'il lit beaucoup la presse classique et
j'avais envie de lui mettre enfin dans les mains un journal graphiquement actuel ! Les maquettes du XXe siècle pour les journaux, ça suffit !
Les reportages sont tous romancés, c'est ce qui m'a fidélisé. Sur certains articles, je me suis sérieusement demandée si
vraiment je n'étais pas en train de lire un « fake » tellement vous me vendez du « Amélie Poulain », mais c'est ce qui rend le magazine fun.
J'ai parfois l'impression qu'il y a un adaptateur derrière les reportages qui réécrit tout car le style littéraire est
assez proche d'un article à l'autre alors que ce sont des journalistes différents.
C'est la première fois que je lis du journalisme « agréable ». Contrairement aux émissions de télé où on n’a
pas le temps de penser, je peux la lire comme un roman, faire une pause sur un sujet qui m'interpelle et y réfléchir avachie sur mon canapé puis reprendre ma lecture.
Enfin un journal qui entre en accord parfait avec mes habitudes du dimanche, et qui me raconte des choses vécues, vues,
entendues par des gens au lieu de m'envoyer des télégrammes remplis d'explications qui me donnent l'impression que cela ne me concerne pas.
Thierry Flammant
54 ans, professeur d’histoire-géo en collège, Luynes (Indre-et-Loire)
Avec XXI, on a un ton un peu nouveau, qui se rapproche de la presse anglo-saxonne : des faits, beaucoup de faits,
mais traités de manière diverse.
En tant que prof, j’apprécie énormément les deux pages de supplément à la fin des articles qui donnent beaucoup
d’informations et qui peuvent servir d’outils.
Peut-être que XXI manque un peu d’articles très incisifs, notamment sur la France, mais ce n’est certainement pas le but
recherché.
Sophie Brockmann
23 ans, stagiaire institutrice, Lyon
XXI me rappelle une phrase d’un film comique : « La vie, c’est d’abord des rencontres ». XXI, c’est
d’abord une rencontre avec cet objet étrange, lourd comme un livre. Puis, ce sont des rencontres avec les gens qui la nourrissent, une forme d’échange entre eux, nous, les protagonistes, les
auteurs, les lecteurs.
Elle n’est pas seulement agréable à lire dans le contenu, elle est sensuelle, au toucher, à l’odeur.
J’ai du mal à m’y plonger comme dans un livre par exemple. Le reportage me ramène sans cesse à la réalité.
Joël Olivier
40 ans, réalisateur, Paris
L’histoire de XXI, c’est un beau scénario. Dans sa création d’abord : un objet de presse de 200 pages, vendu en
librairie. Un joli pari ! Et puis dans le contenu de chaque numéro, il y a un cheminement, une structure, une histoire.
Je suis en train de réaliser un documentaire sur mon père, colonel de l’Armée française et héros de la dernière guerre.
Il a été décoré de la légion d’honneur par De Gaulle parce qu’il était le seul survivant de sa section. Pour moi, c’est cela aussi XXI : le sens des anecdotes qui racontent l’histoire d’un
pays ou d’un événement.
Jade Cohen
27 ans, agent de photographe, New York
J’ai quand même un amour pour le papier glacé, cela me manque un peu dans XXI, même si le papier est très agréable au
toucher.
J’aime bien le parcourir, et non pas le lire en entier. Ce que je ne m’autorise pas à faire avec un livre, je peux me le
permettre avec XXI : sauter des passages, passer d’un récit à l’autre.
Julie GILLOT
26 ans, bibliothécaire, Valentigney, Pays de Montbéliard (Doubs)
Lorsque j’en ai entendu parler, j’en ai parlé à un collègue bibliothécaire. Séduits par le contenu, appréciant l'absence
de publicité et souhaitant offrir à nos lecteurs un magazine sortant de l'ordinaire afin d'ouvrir leur horizon, nous avons décidé de nous abonner.
A titre personnel, je lis cette revue comme un livre. Mais d'autres lecteurs, qui l'empruntent chez nous, la lisent comme
n'importe quel magazine, se concentrant sur les articles qui les intéressent a priori. C'est ce qui est très agréable, chacun est libre de la lire comme il l'entend.
Avec XXI, on parle beaucoup du travail des libraires, ce qui est très bien. J’aimerais aussi qu’on parle des
bibliothèques. Suivre le quotidien d'une petite bibliothèque dynamique et à l'écoute de ses lecteurs. Evoquer les actions au quotidien en faveur des enfants, dans ses choix pour satisfaire son
public, les relations que les habitants entretiennent avec leurs bibliothécaires. Sur le travail des bénévoles qui tiennent, parfois à bout de bras, des bibliothèques pour faire vivre leur
village.
Ce magazine vient compléter et enrichir le fond de notre bibliothèque, à côté d'un quotidien ou d'un hebdomadaire et il y
trouve des lecteurs fidèles.
Eija Raitala
Helsinki, Finlande
J'ai connu XXI par la chronique de la correspondante en France du plus grand journal finlandais. Elle l'avait présenté
comme un phénomène. J'ai gardé cette coupure, et dès que l'occasion s'est présentée, j'ai acheté mon premier XXI à Paris, lors d'un voyage avec un groupe d'étudiantes finlandaises.
Je suis pour le contenu. Ce qui ne veut pas dire que les images ne comptent pas, au contraire, les images de XXI sont
belles et parlent elles-mêmes aussi, à haute voix.
Parfois, j'ai envie de souligner des phrases ou des expressions que je trouve particulièrement belles. Par respect pour
la belle revue, je ne la tâche pas avec mes notes.
J'ai un besoin profond d'avoir de la beauté, de l'esthétique quotidienne à la portée de main. Donc, une belle revue,
pourquoi pas. C'est un luxe.
Je lis des articles petit à petit, presque comme un feuilleton, souvent en route, dans le bus ou le train. Je prends mon
temps.
Nicolas Demorand
38 ans, journaliste et présentateur de la matinale de France Inter, Paris
J'ai reçu un jour à la radio un livre bizarre, grand format, typographie un peu folle, j'ai cru lire "XXL" avant de voir
"XXI". Je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait. J'ai lu le premier numéro d'un trait: addiction immédiate.
Chaque numéro de cette revue permet de prendre la mesure de l'espace qui a été déserté par les médias ces dernières
années. Recul de la curiosité. Recul de l'originalité. Recul de l'inventivité graphique et typographique. Recul de la capacité à lutter contre les sujets imposés.
XXI a su, dès ses premiers numéros, susciter une communauté de lecteurs fervents.
XXI prend également à revers un lieu commun du monde numérique. Ce lieu commun, c'est la mort de l'auteur. XXI démontre
qu'une rédaction qui assume des choix forts, produit le journalisme qu'elle a envie de produire, rencontre son public. Là aussi, c'est une chose à méditer.
En la lisant, je pense à ce que les anglo-saxons appellent: "creative non-fiction". C'est-à-dire, traduction
approximative et personnelle : journalisme bien écrit. Ou littérature d'enquête. Si XXI permettait de retrouver ce lien autrefois si fort en France entre journalisme et littérature, il faudrait
la déclarer d'utilité publique.
Yannick Doladille
39 ans, professeur de mathématiques dans un lycée agricole en Alsace, Anjoutey (territoire de
Belfort)
Je ne suis pas bibliophile mais j'aime les livres ou les revues de qualité. Cela peut-être une revue d’art comme FMR, une
BD comme Ibicus de Rabaté, les fables de La
Fontaine illustrées par Rabier, un roman avec des illustrations…
Je trouve intéressantes la cohérence et la pertinence des articles. Par exemple
sur les nouveaux visages de l'économie, les quatre articles survolent quatre continents, quatre échelles géographiques différentes un village, une ville,
un pays, la démesure de la Chine, quatre aspects de l'économie mais on
devine les liens entre ces quatre réalités et cela finit par donner une
vision d'ensemble.
Ce n'est pas du commentaire, c'est vraiment de l'information, des récits. On n'est loin de la tendance people que l'on
retrouve dans tous les hebdos. On n'a pas à « se taper » les dossiers sur l'immobilier, le sexe, le classement des grandes écoles, des villes où il fait bon vivre, etc ...
Pour moi, c'est un peu un objet d'art car la revue marie l'écrit, le dessin, la photo de manière harmonieuse mais dans le
même temps il n'y a pas de point de vue sur l'art ou la culture.
Jean Lepicard
44 ans, travailleur manuel, technicien, réside sur une péniche à Villeneuve-Saint-Georges
(Val-de-Marne)
XXI, ça ne coûte pas deux balles. Pour moi les informations gratuites, c’est louche, je suis content de payer, même si,
au final, cela revient moins cher puisque c’est 15 euros tous les trimestres.
XXI a un style particulier qui à force est un peu agaçant. Il y a un côté un peu doucereux qui est exotique les trois
premiers numéros mais après on s’en lasse. J’aimerais bien que le ton soit plus nerveux, plus revendicatif. C’est parfois un peu anecdotique sur les gens dans leur quotidien, cela me fait le même
effet qu’un article « people » sur Madonna.
Toutefois, j’aime l’idée de l’aventure qui est au coin de la rue. Trouver de la saveur dans les choses du quotidien sans
forcément aller au bout du monde sous les palmiers avec des lunettes de soleil.
Le circuit de distribution peut-être aussi un problème : si tu n’es pas lecteur, tu n’y a pas accès. Moi je n’ai pas
envie de faire partie d’une élite qui lit XXI !
J’ai envie de la garder dans ma bibliothèque, mais je ne sais pas trop pour en faire quoi.
XXI est une bonne occasion d’aller dans une librairie. Le fait d’acheter un livre est un acte beaucoup plus puissant que
d’aller voter. C’est donner de l’argent aux gens qu’on trouve intéressants.
Sylvie Starck
52 ans, en création d’une micro-entreprise, La Réunion
J'aime d'abord le format solide de la couverture puisque je l'emmène souvent en bord de mer.Je suis ravie que différents
dessinateurs donnent du volume à l'ensemble du travail des équipes. D' ailleurs je les garde précautionneusement car j'ai toujours une place pour les belles revues.
La lecture de XXI se fait sur un temps non défini car je l'emmène partout avec moi, que ce soit au jardin, en front de
mer, au lit, etc. Je l'associe à un moment de détente malgré le sérieux des articles.
Avec XXI, je suis assurée de ne pas être roulée dans la farine. Surtout que le journalisme se muselle de plus en plus,
l'information est formatée et de qualité superficielle.
J’aimerais bien que XXI parle de La Réunion. « Au soleil ou à l'ombre des palmiers », il y a une cruelle
réalité de misère sournoise. Le Réunionnais est fier et n'avouera pas facilement qu'il ne mange pas à sa faim, le racisme envers les Comoriens, la vie de tousorigine sur des radeaux de fortune
"kwassa-kwassa" et qui essaient d'atteindre Mayotte afin d'avoir une vie meilleure. Mais il y a aussi des sujets joyeux : le passé réunionnais au son du maloya, une des richesses du pays, la
vie dans les hauts et dans les bas de l'île…
Pauline Verduzier
18 ans, en terminale ES, Loches (Indre-et-Loire)
XXI part d’un bon sentiment. On sent l’humanité, je ne pense pas qu’on puisse aller contre cela. L’idée de mêler vécu et
histoires humaines me plaît énormément.
XXI peut rebuter dans la mesure où il faut prendre du temps pour le lire. Mais si on est emballé, cela se lit facilement,
comme un roman.
La revue va bien plus loin qu’un journal « lambda », où l’on retrouve souvent les mêmes informations qu’à la
télévision. La démarche n’est pas seulement d’informer, mais de sensibiliser, de transmettre un message avec des illustrations également très travaillées.
On peut choisir le temps pour le lire alors qu’un journal n’est plus d’actualité une semaine après. Ce sont des sujets
qui restent.