Mercredi 7 mai 2008

Journalistes, Jean Abbiateci et Julien Tack sont partis en reportage en Chine. Plongée parmi les Africains de Canton, venus faire des affaires au coeur de la fabrique du monde.




DIAPORAMA



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BIOGRAPHIE DES AUTEURS

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Respectivement journaliste et photographe indépendants, tous deux âgés de 27 ans, Jean Abbiateci et Julien Tack ont travaillé ensemble sur des reportages à l’étranger. En Haïti, sur la vie dans les bidonvilles de la capitale Port-au-Prince. En Chine, sur le recyclage sauvage des déchets électroniques à Guiyu. Leur travail a été publié notamment dans Challenges, Ouest-France, Aujourd’hui en France ou Témoignage Chrétien.



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Lundi 5 mai 2008

David Blanc est responsable des opérations de l’organisation Action contre la Faim – USA (Action Against Hunger). Il réagit à «Donne, l’incroyable business de la charité à New York», le reportage de Guillemette Faure consacré au business de la charité à New York, paru dans le numéro 2 de XXI.
 


 
Guillemette Faure insiste sur l’omniprésence du business de la charité à New York. Est-ce comme ça que vous le vivez, et que vous en profitez ?
 
David Blanc: ‘Donne’ décrit de façon minutieuse et assez complète l’environnement du don aux Etats-Unis. Guillemette Faure aborde cette question par son versant le plus sensationnel, qui toutefois côtoie les actions plus modestes. Les activités d’ACF aux Etats-Unis dans le domaine de la recherche de fonds en sont un témoignage. En 2003, les dons privés aux Etats-Unis à destination d'organisations internationales représentaient 6 milliards de dollars. Il ne s’agit que d’une petite part d'un marché essentiellement domestique, qui était, cette année-là évalué à 250 milliards. Dans ces conditions, la pertinence d’une présence aux Etats-Unis est, pour nous, évidente.
 
 
Que pèsent les fonds privés dans le budget de votre organisation ?
 
David Blanc: Encore assez peu. Quand ACF s’est établi aux Etats-Unis, il y a environ 25 ans, c’était avant tout pour aller chercher les fonds institutionnels. Nous pensions, faussement d’ailleurs, qu’il nous fallait un bureau pour accéder aux financements gouvernementaux. Nous n’avons investi que récemment le champ de la recherche de fonds privés. Il a été décidé de le faire pour des raisons d’indépendance financière. En 2006, nous avons récolté environ 2,5 millions de dollars en fonds privés, soit 10% de notre budget. Le reste est composé de fonds américains ( 4 millions en 2006) et de divers fonds institutionnels (gouvernements, Nations Unies, Union Européenne…).
 


Quelles techniques de « fund-raising » utilisez-vous ?

 
David Blanc: Nous utilisons les techniques présentées dans le reportage de XXI. ACF emploie 6 personnes à plein temps pour la recherche de fonds, et de nombreux bénévoles. Nous organisons notamment un gala annuel, qui nous a rapporté l’année dernière, 1,2 million de dollars. Le retour sur investissement est très intéressant  Nous y invitons des chefs célèbres pour concevoir les menus. On se fait donner les fleurs, les repas, le vin… Avec un bon public, des célébrités, la recette du gala fonctionne. Nous souhaitons développer ce type d’opérations spéciales, les décliner à travers les «Restaurants contre la faim» que nous avons lancés l'année dernière.
 
Nous ne nous limitons pas à ces activités ponctuelles et cherchons aussi à développer des opérations plus modestes, à destination des écoles, de groupes professionnels, de ce qu’on appelle le « direct mail », très répandu en France. Mais ces activités demandent des investissements beaucoup plus importants. Il en va de même pour la recherche des gros donateurs, que nous attirons via des contacts directs. Il peut nous arriver d’envoyer certains de nos bailleurs sur le terrain, pour le permettre de visiter les projets. Ce fut notamment le cas pour quelqu’un qui a souhaité visiter notre programme au Niger après avoir donné 250 000 dollars. Il y a eu quelques débats avant de prendre cette décision, mais nous avons estimé que la demande était légitime et que nous pouvions l’appuyer.
 
 
Quelles sont les différences entre la France et les Etats-Unis dans l’univers de la charité ?
 
David Blanc: Le don fait intégralement partie de la culture nord-américaine. En France, le don repose beaucoup sur le rôle de l’Etat et la redistribution par le biais de l’impôt. Aux Etats-Unis, l'Etat fédéral est peu impliqué. L'acte de donner est fréquent, normal, voire obligatoire. On donne pour son hôpital, son école, son Eglise, donc d’abord pour soi, puis on donne pour les autres.
 
 
N’y t-il pas de risque de se voir dicter des choix opérationnels par de gros donateurs ?
 
David Blanc: La question est légitime, d’autant que le donateur aime savoir où va son argent. Mais dans nos discussions avec eux, nous insistons sur l’importance d’avoir des fonds non affectés. Et c’est là que le développement d’une relation de confiance prend toute son importance.
 


Un dernier commentaire sur l'article ?


David Blanc: Le reportage donne parfois l’impression qu’il suffit de se baisser pour trouver de l’argent. Or si l’argent est disponible, il y a une forte concurrence entre organismes d’aide. Et la difficulté est d’autant plus grande qu’on est une petite organisation. Les problèmes ne sont pas les mêmes pour le musée Guggenheim  ou New York University, la Fondation Raoul Follereau… et ACF. Le gâteau existe, mais certains ont 100 ans d’avance.



Propos recueillis par M.N.


Des vidéos des opérations de collecte de fonds d'ACF / AAH sont visibles sur YouTube :




Le site d'Action Against Hunger : www.actionagainsthunger.org


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Lundi 28 avril 2008

A Los Angeles, la journaliste Armelle Vincent est allée dans le quartier de Skid Row, connu aux Etats-Unis pour le nombre très élevé de ses sans-abris. L'endroit concentre toujours nombre d'abandonnés du rêve américain.




"Si je ne l'ai pas encore vu, c'est que ce n'est pas encore arrivé". Dix-huit ans de métier dans le quartier le plus
insalubre de Los Angeles ont appris à Dave Chavez, 42 ans, pompier secouriste, que lorsqu’il s’agit de sombrer dans les profondeurs de la misère humaine, certains ne reculent devant rien. Dave travaille à la caserne 9, au coeur de Skid Row, la bien nommée "rangée des dérapages", lieu de vie d’environ 10 000 sans abris, la plus forte concentration de tous les Etats-Unis. Bien qu’ils couvrent une superficie d’à peine 4 kilomètres carrés, les pompiers de Skid Row sont les plus débordés du pays. “Nous faisons entre 60 et 100 interventions par tranches de 24 heures. Comparé au minuscule territoire dont nous sommes responsables, c’est énorme”, explique le capitaine Walter Duffy qui, comme ses collègues, a l’air épuisé. “Postez-vous au coin de la rue et vous comprendrez”.

Ce ne sont généralement pas les incendies que ces soldats du feu sont appelés à maîtriser, mais la plus noire des misères. Leur fond de commerce, ce sont les overdoses, les comas éthyliques, les problèmes médicaux liés au SIDA, les agressions au couteau.

Le paysage humain qui s’offre au regard juste devant la caserne permet d’appréhender le phénomène immédiatement. Au coin de la 7ème rue et de San Julian street, alias “heroin alley” (l’allée de l’heroïne), à quelques centaines de mètres du quartier des joailliers et des gratte-ciels, les rebuts de la société survivent sur les trottoirs sous des abris de carton, des couvertures crasseuses, des journaux épars, au milieu de piles d’ordures et de détritus, à moins qu’ils aient encore assez d’argent pour s’offrir une chambre à 20 dollars la nuit dans l’un des nombreux hôtels miteux du quartier.

Tandis qu’une femme blanche demande à un passant “Tu n’aurais pas un ‘good rock' ? Allez, ce n'est pas parce que je suis bien habillée que je ne suis pas une droguée”, une autre femme, noire, la cinquantaine, vêtue d’un slip qui ne lui cache que la moitié des fesses, d'un débardeur et coiffée d’un fichu rose, arpente la rue nerveusement, hurlant des paroles incompréhensibles et s'en prenant à ses compagnons d'infortune. “Elle vit ici”, commente Dave Chavez. “On l'a surnommée 'la folle'". 'La folle’ a visiblement besoin de sa dose. Un dealer s’approche d’elle et la lui vend. Aussitôt fait, elle brandit sa pipe de verre et se met à fumer le crack en public. Avec 5 dollars, on peut acheter de l’héroïne, du crack, de la cocaïne, du speed. Pour le même prix, on peut aussi s'offrir une prostituée qui avec l’argent de sa passe, ira ensuite s’acheter sa drogue. Comme cette femme qui vient de trouver preneur et qui s'engouffre dans un mini-van avec lui.

A Skid Row, les dealers pullulent et pour passer inaperçus, ils se fondent dans la foule des miséreux. Mais leurs clients
savent bien les reconnaître. "Les drogués des beaux quartiers, surtout les héroïnomanes, viennent se ravitailler ici", explique Dave. A peine a-t-il prononcé ces mots qu'un homme d'une quarantaine d'années, en jean, tee-shirt et sandales gare sa Mercedes bleue décapotable en face de la caserne. Il se dirige vers San Julian Street, trouve immédiatement un revendeur puis retourne à sa voiture. L'opération n'a pas duré plus de 5 minutes. Tout ça au nez et à la barbe des pompiers et à quelques encâblures du commissariat de police. "Une fois par mois environ, le LAPD (Los Angeles Police Department) fait une descente pour nettoyer le quartier. Mais au bout de 24 heures, les choses reprennent leur cours. C’est normal : tous les jours, les autorités relâchent 300 détenus faute de place. Les prisons du comté sont archi-pleines", commente le capitaine.

Depuis longtemps, la ville de Los Angeles a accepté l’existence de Skid Row et ses pratiques illégales. Sa priorité n'est pas d'éliminer le quartier, mais de s'assurer qu'il ne déborde pas. C'est la politique du "containment" (endiguement). Mais les municipalités environnantes ont pris la mauvaise habitude d’y venir “jeter” leurs sans abris. Ainsi se lavent-elles les mains du problème. “Les policiers d’autres villes proposent à leurs sans logis de les envoyer à Skid Row”, raconte Dave. “Souvent, ils leur donnent 100 dollars pour les convaincre”.

C'est vrai”, confirme David, un sans abri. "L'autre jour, ils ont déposé une femme en tenue d'hôpital avec son goutte-à-goute devant la mission". Comme une bonne minorité des habitants de Skid Row, David n'a pas toujours été aussi pauvre. Il fut un temps, lointain maintenant, où il était ingénieur. Un homme autrefois cartésien devenu insensé si l’on en juge par son discours décousu. Skid Row n’est pas seulement peuplé de drogués, mais aussi de malchanceux que la vie n’a pas épargnés : chômeurs en fin de droit, malades mentaux dénués d’assurance maladie, victimes d'accidents devenus infirmes et incapables de travailler. Le nombre de chaises roulantes est frappant.



Malgré la misère environnante, personne ne meurt de faim à Skid Row. Les quelques dix missions installées dans le quartier se chargent de nourrir les sans abris et de leur fournir des lits. Matin, midi et soir, des repas sont servis dans les immenses réfectoires et chacun est libre d'en profiter. A ceux qui veulent s'en sortir et qui acceptent le sevrage, les missions proposent des programmes de réinsertion. Et puis les pompiers secouristes sont toujours disponibles pour emmener les malades à l’hôpital. Leur dévouement n’est pourtant pas toujours apprécié. "Les drogués se fâchent toujours lorsqu’on soigne leur overdose”, raconte David. “Même si on leur a sauvé la vie, on a gâché leur high".

L'aide quotidienne apportée aux sans logis est controversée. "Ils mènent une vie infernale", commente ainsi Walter Duffy. “Mais ils sont en même temps nourris, logés s'ils le veulent, et soignés par le personnel des missions. Petit à petit, ils s'habituent à être pris en charge et ils perdent le goût et l'envie de se battre. C’est dommage".



BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR


Armelle Vincent est correspondante aux Etats-Unis, installée à Los Angeles où elle vit depuis 17 ans. Elle est diplômée de l’Institut pratique de journalisme. Elle a notamment publié dans Rolling Stones, Géo, Le Figaro, Le Point, Marianne, L'Amateur de cigare, Elle et XXI, bien sûr : Elle est l'auteur de "Narcoballades" dans le numéro 1 de XXI, et d'un article sur les coulisses de son reportage, à trouver ici.



SUPPLEMENTS :

Hormis le film inséré dans l'article, de nombreux documentaires sur Skid Row sont visibles sur Internet. On peut notamment visionner la série, en anglais et en 5 épisodes, produite par Good Magazine et disponible via You Tube, en cliquant sur les images suivantes :

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Le realisateur Joe Wright (Atonement) est de train de realiser un film sur Skid Row avec Robert Downey Jr et Jamie Fox. Le film "The Soloist" est inspiré d'une série de reportages d'un editorialiste du Los Angeles Times : Steve Lopez a passé plusieurs semaines à Skid Row où il a rencontré un sans abri autrefois prospère, anéanti par la cocaine.


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Jeudi 24 avril 2008

"Rwanda, sur la piste des tueurs" est l'un des récits parus dans le numéro 2 de XXI. Pour le blog, Maria Malagardis expose son travail.




Jamais ils n'ont oublié. Jamais ils n'oublieront. Ils portent le souvenir du génocide commis en 1994, contre les Tutsis du Rwanda. Simples citoyens, avocats, ou policiers, Français, Rwandais ou Belges, ils veulent comprendre. Parce qu'ils savent que souvent, la justice écrit l'histoire, ils se sont fait pisteurs.



INTERVIEW


Pourquoi vous-êtes vous intéressé à ces gens, lancés sur les pistes des coupables d'un génocide?




Comment se sont déroulées vos rencontres avec ces gens discrets ?





Ont-ils réagi, quand une fois le reportage terminé, vous le leur avez envoyé?


Propos recueillis par M.N.


Le "Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda" (C.P.C.R.), dont il est question dans le reportage de Maria Malagardis, dispose d'un site Internet. Ici.



BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Maria Malagardis est journaliste indépendante et travaille régulièrement pour Libération et Rue89. Elle a longtemps couvert l'actualité africaine, du Cameroun au Rwanda (pour le quotidien La Croix) puis en Afrique du Sud où elle fut la correspondante de Libération et de la BBC pendant quatre ans. Elle est l'auteur d'un livre sur les survivants du génocide rwandais, Rwanda, le jour d'après (Ed Somogy 1995). Depuis 2001, elle a travaillé pour différents magazines réalisant des reportages aussi bien en France qu'à l'étranger. Elle est l'auteur de La France de la désobéïssance, dans le premier numéro de XXI.



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Mardi 22 avril 2008

Le premier numéro de XXI a été un succès. Le second est sur la bonne pente.

Après trois jours de vente, XXI se trouve d’ores et déjà placé au huitième rang du palmarès Essais documents de Livres Hebdo pour la semaine dernière.

Que les lecteurs, les auteurs et tous ceux qui partagent cette aventure soient remerciés.


L.B et P.S-E
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Lundi 21 avril 2008

Christophe Lassalle
est dessinateur. Il est parti début 2006 à deux reprises à Madagascar, pour animer des ateliers de dessin avec les enfants des rues de Tananarive. L'association "Graines de bitumes" prend en charge environ 200 enfants, entre 5 et 16 ans, les scolarise et coordonne des ateliers pédagique. Carnets de dessins de cette expérience.


DIAPORAMA


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BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Moitié illustrateur, moitié éléctricien Christophe Lassalle a animé des ateliers de dessins avec les enfants et a résumé cette expérience en dessin.  Il expose parfois dans les cafés à Paris et espère pouvoir un jour publier son travail.


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