Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /2010 00:21

 

Le grand entretien du numéro 11 de XXI est consacré à Stéphane Hessel. Résistant, diplomate, pionnier des Nations unies, cet homme engagé, aujourd'hui âgé de 92 ans, est un grand amoureux de la poésie. Pour le blog, il a récité à Jean Leymarie, journaliste à France Info, quelques-uns de ses vers favoris.

 

Jean Leymarie: "Stéphane Hessel s'est assis dans son fauteuil préféré. Je lui ai demandé de choisir les poèmes qu'il avait envie d'offrir, dans ses trois langues, le français, l'anglais et l'allemand. Les yeux mi-clos, concentré mais détendu, un fin sourire sur les lèvres, il a pris quelques secondes - pas plus - pour laisser les vers remonter à la surface de sa mémoire. Stéphane Hessel ne scande pas la poésie, mais chaque mot est bien articulé. Le plaisir des sons se mêle à celui du sens".


 

 

 Guillaume Apollinaire:

 
  Arthur Rimbaud:

 

 Charles Baudelaire: 

 
  Friedrich Hölderlin:
 
  William Shakespeare:

Stéphane Hessel a publié une autobiographie poétique, O ma mémoire, la poésie, ma nécessité, qui vient d'être rééditée au Seuil.
Par XXI - Publié dans : Les reportages du blog
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /2010 00:13


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Célyne Bayt-Darcourt reçoit un des auteurs de la revue.

 

Le 5 septembre, son invité était Jean Leymarie, auteur du grand entretien avec Stéphane Hessel publié dans le numéro 11 de XXI.

 

Ecoutez l'interview.

 

 

 

hessel.png©Richard Yeend pour XXI

 

Par XXI - Publié dans : La vie de XXI
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 17:46

 

On la croyait éradiquée. Et pourtant, la tuberculose continue de toucher les populations les plus précaires. Le dernier sanatorium de France se trouve à Bligny, dans l’Essonne. Là, dans une bâtisse où le temps semble s’être arrêté, sont soignés les malades.

 

2010_ete-2652.jpgConstruit en 1903, le sanatorium est une bâtisse isolée dans la campagne de l'Essonne.


Au fin fond de l'Essonne, en haut d’une colline, le sanatorium de Bligny, consacré à la tuberculose. Soixante-deux patients, atteints des formes de tuberculoses les plus complexes sur le plan médical et les plus graves sur le plan social, y sont soignés. Le dernier « sana »  de France affiche toujours complet. Les séjours sont longs, six mois minimum. Certains patients restent trois ans.


La bâtisse en pierre est isolée, nichée au milieu d’arbres centenaires. Des poules en liberté caquettent. Les malades abordent souvent les visiteurs d’un geste silencieux - deux doigts ramenés devant la bouche – pour demander une cigarette. Celles-ci, prohibées par les médecins, sont parfois troquées par les infirmières contre la prise d'un médicament ou la promesse d'une bonne conduite.


Malades de leur précarité


A Bligny, le cadre est idyllique, mais la vie est tout sauf une nature morte. Les cultures se côtoient et s'entrechoquent. « Nous avons affaire à des gens de toutes origines. Il faut qu'on calme les esprits. Sans cela, ce serait une poudrière », note l'enseignante du centre, Régine Lavaud.


La tuberculose est liée aux conditions de vie. Mal-logement, promiscuité, dénutrition, toxicomanie et alcoolisme sont autant de terrains propices au développement de l'infection. « J'ai des patients qui vivent dans la rue, dans des squats ou des camps, en caravane. Il faut voir les conditions d'hébergement ! », s'exclame Catherine Cathala. Assistante sociale au sanatorium, elle relève que le durcissement de la politique d'immigration favorise la propagation de la maladie : par crainte de l'expulsion, les migrants sans-papiers touchés par la maladie tardent à se faire dépister, augmentant ainsi les risques de propagation des bacilles de Koch à l’origine de la tuberculose.

 

2010_ete-2631.jpgUn patient dans sa chambre.

 

"On nous accuse d'avoir été dans des endroits sales"


Les journées à Bligny sont bien structurées. Elles débutent à 10 heures, dans le bureau des infirmières, par la distribution des médicaments : comprimés, sirops, bouteille d'eau, gobelets... Hormis les patients contraints de garder la chambre, chacun se présente spontanément. Le rituel permet aux soignants de faire un peu de pédagogie. « On explique le traitement, on donne des fiches avec la photo des médicaments, détaille Marie-Hélène, l'infirmière. On vérifie qu'ils connaissent leur prescription ». Parfois, elle tend un médicament à la place d’un autre. En général, ça ne prend pas.


Une dame au visage couperosé approche : « Je suis stressée ». L'infirmière le sait bien : Marie-Thérèse, la malade, est harcelée depuis des jours par un patient atteint d’un tuberculose osseuse qui l’oblige à porter un corset. L’homme, dit Marie-Thérèse, lui a proposé « la botte ». Elle veut partir. « Cela n'a que trop duré », s'emporte le Dr Nathalie Métivier, chef du pôle maladies infectieuses à Bligny. En fin de soins, le patient au corset est exclu.


Nul malade ne rechigne à suivre le traitement, contraignant. Il faut rester à jeun deux heures avant et après la prise de médicaments, parfois au nombre de dix. Un mauvais suivi et la rechute guette, souvent sous une forme multirésistante, plus difficile à traiter.


Rifat, une jeune femme de 22 ans, en sait quelque chose. Plutôt espiègle, elle a passé trois mois à Bligny à la suite d’une rechute. «La première fois, j'ignorais que j’avais la tuberculose. Du coup, je n'ai pas bien pris mon traitement et mon deuxième poumon a été touché. J’ai souffert et rien mangé pendant deux mois », raconte-t-elle. La leçon a été retenue. A la réunion d'information organisée par les médecins, Rifat énumère sans faillir les symptômes : toux, amaigrissement, fièvre, fatigue...


« De nombreuses familles tournent le dos aux malades, la tuberculose fait peur car elle est peu connue », note le docteur Lemaire. Au XIXe siècle, cette affection était la maladie des artistes et de la Dame aux camélias, elle est aujourd'hui une maladie honteuse. « Quand on en parle, on nous accuse d'avoir été dans des endroits sales », regrette une patiente.


Occuper les esprits


Tous les matins l’institutrice du « sana » donne des cours d'alphabétisation et d'informatique. « Ça fait du bien dans la tête. Parfois je tourne en rond », dit Djibril, hospitalisé depuis un mois. Régine Lavaud rend aussi visite aux patients placés en isolement. Pour éviter la contagion, les nouveaux arrivants sont confinés trois semaines dans leur chambre. La quarantaine est souvent mal vécue. « Au début, j'ai pété un câble », se souvient Rifat.


Les migrants - d'Afrique sub-saharienne et d'Europe de l'Est - sont au nombre des plus touchés par la tuberculose. Soignés à Bligny, ils ont aussi l’occasion d'apprendre à parler, lire et écrire le français. « Je me suis créé une adresse mail et maintenant je peux envoyer et recevoir du courrier », dit fièrement Djibril. « Nous ne cherchons pas à en faire des bacheliers, mais l’école aide à supporter la durée du séjour », précise Régine Lavaud.


Occuper les esprits, telle est l’obsession du personnel. Chaque après-midi, Emmanuel organise un atelier d'animation. Au programme, jeux de société, travaux manuels et musicothérapie. « La tuberculose est une maladie particulière :  elle est sociale. Pendant leur séjour, les patients ont en tête des tas de problèmes à l'extérieur. J'essaie de leur offrir une parenthèse », explique l’animateur.


Aujourd'hui, Emmanuel apprend la vannerie à Luis et Irène. Stephan, lui, en est à son dixième panier : assis dans un fauteuil roulant, il tresse en silence les brins de raphia. D'autres, installés autour d'un scrabble, jouent en français et parlent dans une autre langue. Dans le parc, le sanatorium accueille une fois par mois des théatres de passage.


"Reprendre la vraie vie"


Une permission est parfois accordée pour la journée. « Moi la foule, les gens ça m'angoisse, dit Rifat. Ici, on perd tellement l'habitude de voir du monde qu'on finit par avoir peur de ce qui nous attend ». D'autres, plus téméraires en profitent pour fuguer : « Dès que l'on sent un changement de comportement chez les patients ou des envies de sortir, nous prévenons le Samu social », précise Catherine Cathala.


Ariel n'a jamais cherché à s'échapper. De toute façon il n'aurait pas su où aller. Lorsqu'il est arrivé à Bligny avec un baluchon, ce Franco-uruguayen était sans domicile fixe depuis deux ans. Il devait être incarcéré pour un mois quand sa tuberculose a été dépistée. « Pendant trois jours, je n'ai rien déballé. Je ne savais pas si j'étais capable de rester ».


Aujourd'hui, Ariel se dit qu’il a bien fait de s’accrocher. Il a soigné sa tuberculose, ses problèmes d’alcool et mis à profit ses permissions pour remettre sa vie en ordre. « Je n'avais plus rien, ni souvenir des dates, ni fiches de paie. J'ai donc reconstitué mon CV en retournant là où j'avais travaillé ». Une à une, il a récolté les cartes des restaurants dans lesquels il a été serveur. Il les affiche sur la porte de sa salle de bain.


Comme toutes les autres, sa chambre est exposée plein sud. En 1903, à la construction du centre, la cure de soleil était le meilleur moyen de guérir les tuberculeux. A presque quarante ans, les yeux noirs, déterminés, Ariel veut « reprendre la vraie vie », trouver un appartement, un travail... et revoir sa fille de 11 ans. Au-dessus de son lit, un slogan : "Soyez réaliste, demandez l'impossible". Ariel est réaliste, il a obtenu une promesse d'embauche.


Aurore Lartigue et Pauline Théveniaud.



La tuberculose gagne à nouveau du terrain

*En 2008, 5758 cas de tuberculose ont été déclarés en France. Une hausse de 3,3 % par rapport à 2007. Jusqu'en 2003, la maladie tendait pourtant à disparaître, mais depuis, la tendance s'est inversée.

*Maladie à déclaration obligatoire depuis 1964, les cas déclarés ne pourraient cependant représenter que 65% des cas réels selon l'Institut national de veille sanitaire.

*L'Île-de-France et la Guyane restent les régions les plus touchées.

*Premières victimes : les personnes sans domicile fixe, mais surtout, les populations migrantes qui représenteraient près de 50% des cas déclarés, et tout particulièrement les personnes arrivées récemment.

*La tuberculose tue près de deux millions de personnes chaque année dans le monde, essentiellement en Afrique subsaharienne et en Asie du sud-est.


 LES AUTEURS

 

Photo-Pauline-Theveniaud--2--2-.jpg

 

 

Pauline Théveniaud, 25 ans. Après cinq à étudier la philosophie politique, place au terrain et à la vraie vie. Tout juste diplômée de l'Institut pratique de journalisme, elle part à l'affut des gens et des histoires qu'ils ont à raconter.

Aurore.jpg

 

Aurore Lartigue, 24 ans, est tout juste diplômée de l'IPJ. Son goût pour les sujets de société et le reportage l'a amenée à collaborer avec les Inrockuptibles, Be et La Croix.

Par XXI - Publié dans : Les reportages du blog
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 08:25


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Hélène Fily reçoit un des auteurs de la revue.

 

Le 29 août, son invité était Patrick de Saint-Exupéry. Le rédacteur en chef de XXI présentait le portfolio Douces folies de Sibérie, paru dans le numéro 11.


Monique Yazdani (agence Cosmos) a photographié les habitants de la Cité du soleil. A 3.700 kilomètres à l'est de Moscou, au nord de la frontière mongole, 5.000 personnes vivent dans des maisons en bois, comme il y a un siècle, sans voitures ni camions. La communauté s'est réunie autour d'un ancien agent de la circulation dit "Jésus". Des rassemblements festifs rythment les saisons et donnent à l'immensité russe des airs de "Woodstock en Sibérie".

 

Ecoutez l'interview

 

siberie.png© Monique Yazdani- Cosmos.

 

Le site de Monique Yazdani

Par XXI - Publié dans : La vie de XXI
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 15:07

 

Le documentaire de Clarisse Feletin, La juge et les dioxines, raconté en dix plans illustrés  dans le numéro 11 de XXI, sera diffusé sur France 2 le 9 septembre à 23h05. En voici un court extrait: 

 


La juge et l'affaire des dioxines
envoyé par figra. - L'info video en direct.

 

incise-article-copie-1.gif

 

La juge et les dioxines, illustré par Olivier Tallec et commenté par la réalisatrice, numéro 11 de XXI


Par XXI - Publié dans : A signaler
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /2010 16:51


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Hélène Fily reçoit un des auteurs de la revue.

 

Le 22 août, son invitée était Clarisse Feletin, auteur du documentaire La juge et les dioxines (Quark production), raconté en dix plans choisis dans le numéro 11 de XXI.

 

La réalisatrice a suivi le travail courageux et tenace d'une magistrate qui sept ans durant a instruit l'affaire d'Albertville : des habitants ont découvert au petit matin que leurs potagers étaient recouverts de poussière noire à cause d'un incinérateur. Ils ont porté plainte. La juge est prise en tenaille entre les attentes des plaignants et les pressions des politiques.

 

Son documentaire sera diffusé le 9 septembre sur France 2.

 

 

Ecoutez l'interview

 

 

juge-et-dioxynes.png© Olivier Tallec

Par XXI - Publié dans : La vie de XXI
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    

Recherche

Texte Libre


Ce qu'on y trouve

Recommander

Les flux du blog

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés