Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /2010 10:12

 

Dans Les Allemands perdus du Paraguay (n°11 de XXI), François Musseau raconte l’histoire de « Nueva Germania », une colonie « aryenne » fondée en 1886 par Elisabeth Nietzsche, la sœur du philosophe. Retour sur l’itinéraire d’une femme singulière qui, à la mort de son frère, a voulu s’emparer de son oeuvre.

 

Friedrich et Elisabeth ont dès l’enfance une relation de complicité qui déroute leurs proches. Nés en Saxe, ils perdent très jeunes leur père, pasteur, puis leur petit frère. Elevés dans un foyer de femmes, par une mère, des tantes et des domestiques, ils se construisent un univers secret et aiment s’écrire de longues lettres. Bonne élève, Elisabeth est fascinée par l’intelligence de Friedrich, son aîné de deux ans.

 

Elisabeth.jpgA 24 ans, Friedrich devient professeur de philologie à l’université de Bâle. Une routine s’installe bientôt  : étudiante, Elisabeth, s’occupe du ménage et de la santé, très fragile, de son frère. Comme l’écrit le journaliste et historien anglais Ben Macintyre, auteur d’une des rares biographies d’Elisabeth Nietzsche*, tous deux ont des caractères très différents. Atteinte de strabisme, coquette, Elisabeth est une femme joyeuse, ambitieuse, et croyante. Friedrich, souvent déprimé et malade, ne se mariera jamais, n’aura pratiquement aucune relation sentimentale et deviendra un pourfendeur du christianisme.

 

A la fin des années 1870, l’étrange « couple » Nietzsche fréquente le salon de Richard Wagner, à Liepzig. Le philosophe est un proche du compositeur. Elisabeth prend pour modèle l’épouse Wagner, Cosima, une mondaine influente et célèbre. C’est au sein de leur cercle d’admirateurs qu’elle rencontre son futur mari, Bernhard Förster, un instituteur berlinois antisémite et nationaliste. Elisabeth aide Förster à récolter 267.000 signatures contre les juifs. Ils remettent tous deux la pétition au chancelier Bismarck le 13 avril 1881.

 

Friedrich et Elisabeth commencent alors à prendre des distances. Elle a été choquée par la publication d’Humain, trop humain, en 1878. Rédigé au contact de Paul Rée, un ami de Friedrich, le livre est très anti-chrétien. Elisabeth fait également tout son possible pour éloigner du philosophe une intellectuelle dont il est éperdument amoureux, la russe Lou Andreas-Salomé. De son côté, Friedrich refuse d’assister au mariage de sa soeur avec Bernhard Förster, dont il condamne vivement les idées intellectuelles et politiques.

 

En 1886, Elisabeth et son époux embarquent pour le Paraguay où ils veulent fonder une colonie « aryenne ». C’est un échec. Déprimé, alcoolique, Förster se donne la mort en 1889.

 

De retour en Allemagne, Elisabeth fait passer ce suicide pour un accident. Son frère, Friedrich, interné à l’asile d’aliénés d’Iena, est déclaré incurable. Après avoir échoué à transformer son mari en héros, Elisabeth décide de faire du philosophe un mythe, une cause, un prophète.

 

Elisabeth_Foerster-Nietzsche.jpgEn 1894, alors que l’auteur de Zarathoustra est dans un état végétatif, l’ambitieuse créé les « Archives Nietzsche ». A la mort de Friedrich en 1900, elle se lance dix ans durant dans la rédaction de deux longs tomes sur la vie de son frère et lui attribue ses propres idées antisémites. Le nom de Nietzsche devient célèbre, bien au-delà d’un petit cercle d’érudits de Saxe, mais il restera associé au nazisme pendant longtemps.

 

Plus le culte autour du philosophe se développe, plus Elisabeth a des amis influents. Dans l’entre-deux guerres, elle est, avec son amie Cosima Wagner, l’une des figures littéraires les plus en vue d’Europe. Elle entretient quelques années une correspondance avec Mussolini. A ses yeux, le dictateur fasciste incarne le triomphe de son interprétation de la pensée de Nietzsche. Bénito Mussolini, lui, croit avoir trouvé, depuis l’époque où il était instituteur, une vérité politique dans l’ouvrage La volonté de puissance.

 

En 1930, Elisabeth adhère au parti nazi. Hitler, qui veut récupérer l’aura du philosophe, lui apporte un soutien et une amitié intéressés durant les dernières années de sa vie. Elisabeth meurt avant le début de la seconde guerre mondiale, en 1935, à 89 ans. Le führer fait organiser une cérémonie de funérailles grandiose, et dépose lui-même une couronne de laurier sur son cercueil. Trois ans plus tard, le chef nazi inaugure au pied de la maison « Archives Nietzsche » un mémorial à la gloire du philosophe...

 

L.M.

 

* Elisabeth Nietzsche ou la folie aryenne, Robert Laffont, 1993

 

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Les Allemands perdus du Paraguay, François Musseau, n°11 de XXI, actuellement en librairie.

 

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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /2010 09:54


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Jérôme Jadot reçoit un des auteurs de la revue.

 

Le 18 juillet, son invité était François Musseau, auteur du récit Les Allemands perdus du Paraguay. L'histoire d'une colonie fondée par Elisabeth Nietzsche et son mari en 1886.

 

Ecoutez l'interview

 

 

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©Jacques Floret

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 16:51

 

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Dans le numéro 10 de XXI, Olivier Balez publiait La cordée du Mont-Rose. Un récit graphique sur l'histoire de sa famille, et plus particulièrement celle de son frère Eric, atteint de la maladie de Crohn, qui décide, avec d’autres malades, de s’attaquer à l’ascension du Mont-Rose pour faire parler de son combat.

 

 

Le 6 juillet 2010, Eric et ses compagnons,  Isabelle, Karin, Sandrine, Michel, Xavier, ont accompli un deuxième exploit. Après deux ans d'entrainement, ces hommes et ces femmes de 25 à 55 ans, atteints de la maladie de Crohn ou d’une Recto-colite Hémorragique parfois même porteurs d’une stomie et ayant combattu plusieurs cancers, ont atteint le sommet du Mont-Blanc, après 8 h 30 d'efforts. 

 

Mont-Blanc-060810-169.JPG

 

Au dernier moment, Isabelle, enceinte, a du renoncer à cette ascension. "C’est un message d’espoir pour l’ensemble des femmes qui se posent la question d’avoir un enfant malgré la maladie, déclare le groupe. Nous espérons donner à chacun d’entre vous un but dans sa propre lutte. L’objectif n’est pas le Mont Blanc, l’objectif c’est vivre avec la maladie."

 

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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /2010 08:27

 

Le 16 janvier 2009, dans les derniers jours de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, Izzeldin Abuelaish, un gynécologue palestinien très impliqué dans la réconciliation entre son peuple et les Israéliens, perd trois filles et une nièce.

Une enquête est actuellement en cours. Retour sur les faits.


Quelques minutes après les tirs des chars sur sa maison, Izzeldin Abuelaish appelle un ami journaliste israélien à l’aide. Cette conversation téléphonique, retransmise en directe à la télévision, a fait le tour du monde. La voici :



 

Le lendemain, le New York Times raconte en texte et en vidéo la tragédie du gynécologue :

Lire ici.

 

 

incise-article-copie-1.gif Izzeldin Abuelaish vit maintenant au Canada. Anne Brunswic l'a rencontré. Le médecin qui sourit, à lire dans le numéro 11 de XXI.

 


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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 11:11

 

Kesaj Tchavé, le groupe de musique rom que le photographe Alain Keler a suivi dans le quatrième épisode des Nouvelles d'Alain (XXI n°11) organise une Tsigane Parade le mercredi 14 juillet, de 14h30 à 19 heures,  au pied de la grande roue, place de la Concorde, à Paris.

 

Il sera également en concert à Rennes, dans le cadre des Quartiers d'été du parc des Gayeulles, le 15 juillet à 20 heures et le 16 juillet à 15 heures.

 

Image 7

 

 Voir aussi sur le blog: "Kesaj Tchavé, la voix des Roms"


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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /2010 17:20


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Célyne Bayt-Darcourt reçoit un des auteurs de la revue.

 

 

Le 11 juillet, son invitée était Anne Brunswic, auteur du récit Le "médecin qui sourit", publié dans le numéro 11 de XXI. Gynécologue palestinien, Izzeldin Abuelaish a perdu trois de ses filles et sa nièce dans un bombardement au cours de l’intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009. Exilé au Canada, il veut toujours croire à la paix dans la région.

 

Ecoutez l'interview.

 

Image-3-copie-1.png© James Majowski

 

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