Lundi 8 juin 2009

 France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Jean Leymarie reçoit un des auteurs de la revue.
 

Charlie Buffet, auteur de "Une plume dans la cage du Tibet", un portrait de Woeser, poétesse, blogueuse et seule voix tibétaine à parler depuis l'intérieur de la Chine, était son invité le dimanche 7 juin.

Ecouter l'interview.




Illustration: Stéphane Kiehl
 
Par XXI
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Dimanche 7 juin 2009


Le week-end dernier avait lieu la vingtième édition du festival Etonnant Voyageurs à Saint-Malo. L’occasion de rendre hommage au grand reporter Christophe de Ponfilly qui avait déjà marqué le festival.



Les lumières se rallument, le public est encore sous l'émotion. Ce dimanche 31 mai, le festival Etonnant Voyageur diffuse le long métrage de Christophe de Ponfilly, L’étoile du soldat. Malgré un franc soleil, l’amphithéâtre du Palais du grand large est comble. Les intervenants, des proches de Christophe de Ponfilly, dressent le portrait d’un homme engagé, animé par le respect de la justesse et l’humilité du témoignage. Un homme qui, comme le révèle un livre posthume tout juste paru, Caméra au poing, pensait qu’une caméra pouvait stopper la folie guerrière.




A l’origine directeur de collection chez Robert Laffont, Christophe de Ponfilly est un journaliste autodidacte. Il découvre la caméra super 8 grâce à son beau-père qui l’aide à ouvrir un petit cinéma sur une péniche amarrée porte de la Conférence, sur le quai reliant le pont de l’Alma aux Invalides. Malheureusement le Cinémouche échoue au tribunal correctionnel pour défaut de visa de censure et d’exploitation, et Christophe range sa caméra. Une rencontre la lui fait reprendre.

Au début des années 1980, un ami de la bande du Cinémouche, Jérôme Bony, lui présente des réfugiés Afghans à Paris. Christophe décide de témoigner de leur tragédie. Il part au Pakistan, traverse la frontière à pied et marche des centaines de kilomètres. Cette intrusion clandestine dans les montagnes afghanes déchirées par la guerre bouleverse sa vie. Il  s’attache à ces paysages arides et surtout aux combattants afghans, dont le commandant Massoud. Plus rien ne sera comme avant.



Photos de Cyril Le Tourneur d'Ison


Christophe de Ponfilly a trente ans. Son premier film, Une vallée contre un empire, est un succès. Il marque le début d’une longue série de reportages, de documentaires et de prix. Il crée en 1983 avec Antoine Roblot et Véronique Barbey, bientôt rejoints par Frédéric Laffont, Interscoop. La société de production se trouvait dans les actuels bureaux de XXI…


Pendant vingt-cinq ans, Christophe de Ponfilly réalise des films avec justesse et humanité, fidèle à ses principes : « pour moi, écrivait-il, il ne s’agissait pas de rapporter des informations à ajouter à celles qui existaient déjà, mais de réaliser des films sensibles, ayant la même force que la fiction – avec cette différence importante : ils allaient témoigner des réalités du monde. » Il s’implique personnellement dans le drame afghan où il tourne des images magnifiques au plus près du quotidien des habitants. Mais peu à peu, l’indifférence des politiques français et l’évolution de la télévision qui diffuse ses reportages à des heures tardives le révoltent. Son travail emporte un succès d’estime mais trop confidentiel à ses yeux.




Pour toucher un plus large public, il décide de tourner sa première fiction pour le cinéma, L’étoile du soldat. Cet excellent film ne rencontre pas l’écho espéré. Christophe met fin à ses jours. « Il m’a dit qu’il aurait peut-être du se stariser, faire des plateaux télé pour qu’on parle davantage de l’Afghanistan, explique sa sœur Isabelle.  Mais ce n’était pas dans son caractère, très humble. » L’écrivain afghan Atiq Rahimi ajoute: « Christophe a été emporté par le vent de ses désillusions éthiques. »


Léna Mauger



Caméra au poing, Christophe de Ponfilly, Arthaud

L’étoile du soldat, 2006.
Documentaires :
Massoud et la délégation de l'espoir ; Vies clandestines, nos années afghanes ; Chronique d'une petite ville russe en hiver ; Monsieur le Rabbin ; Massoud, l’Afghan… et bien d’autres.



 
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Mardi 2 juin 2009

 France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Jean Leymarie reçoit un des auteurs de la revue.
 

Michel Guerrin, auteur de "C'est le réel qui m'a sauvé...", un entretien avec Raymond Depardon, était son invité le dimanche 31 mai.

Ecouter l'interview.




Paysan de Lozère, 2007 (photo de Raymond Depardon)
 
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Vendredi 29 mai 2009


Sébastien Wespizer est libraire indépendant. Spécialiste  de polars et de littérature étrangère, il pratique son métier en toute discrétion. Rencontre avec un passionné.


« Longtemps je me suis couché de bonne heure… ».
Sa librairie s’appelle « Longtemps… », en hommage à la célèbre phrase de Proust. Elle se tient au pieds des Buttes-Chaumont qui inspirèrent tant Aragon. Sébastien Wespizer travaille ici depuis trois ans. Il accueille les habitants de  ce « quartier populaire en voie de boboïsation », en leur proposant un café. L’intérieur, blanc et aéré, invite à se reposer sur un grand canapé. Au fond, dans l’espace jeunesse, parents et enfants peuvent s’asseoir à une petite table et prendre le temps de la découverte. « La librairie est un lieu calme où les gens s’apaisent, une halte dans une vie quotidienne de cavale », dit Sébastien.



Illustration: Jean Lecointre

Cheveux dégarnis, fines lunettes carrées, air sympathique, Sébastien Wespizer, 39 ans, donne à tous ses conseils de lecture. Sur les tables, de nombreux livres portent des notules écrites à la main. Il complète oralement ces fiches artisanales et oriente les lecteurs en fonction de leurs goûts. Il voit passer le cinéaste Jacques Audiard, un voisin, et les dessinateurs de chez Gallimard, installés dans le siège du parti communiste à côté. « Quand on aime un livre, on est très prescripteur », explique Sébastien.

Grand spécialiste de polar, il est l’un des plus gros vendeurs de David Peace, son auteur fétiche. Il apprécie également la littérature étrangère : les écrivains américains, Bret Easton Ellis et Cormac McCarty, auteur de l’un de ses romans favoris, Méridien de sang. Il recommande la littérature mexicaine (« pour moi, le Mexique est le laboratoire du 21 ème siècle»), ou encore Eurêka Street, de Robert McLiam Wilson, l’histoire de copains en Irlande, « le roman le plus drôle que je n’ai jamais lu". Et puis XXI, dont il est un des premiers fans…

« Comme tout bon libraire »
, Sébastien a toujours 20 livres sur sa table de nuit. Il en lit 200 à 300 par an. Il dévore en ce moment des ouvrages sur le vin.

Certains lecteurs s’en remettent complètement à lui. Comme ce chirurgien, qui vient deux fois par an, juste avant ses vacances, demander « quinze livres, un par jour. » D’autres achètent des classiques sans poser de questions. Sébastien s’amuse du fait que le tome 1 de La recherche du temps perdu soit régulièrement épuisé, beaucoup moins le tome 8…



"Ainsi va la vie", Aurel, publié dans le Hors-série livres de XXI

Lui ne perd pas son temps. Cet homme aux mille passions a fait plusieurs métiers. Fils d’agriculteur, il a arrêté ses études d’histoire en cours de route pour sa consacrer à la musique et la politique. A l’époque, il travaille pour Philippe Séguin et manage un groupe de rock qui deviendra Louise Attack. Mais à trop s’éparpiller il finit par se perdre, et décide de se poser.

Il tient des kiosques à journaux, à Nation, Assemblée nationale, puis le 16 ème,  achète un magasin de presse qu’il revend. Quand Grégoire, un ami, professeur d’histoire-géographie, décide de quitter l’Education Nationale pour monter « Longtemps… », Sébastien vient travailler avec lui. Les deux hommes se complètent. Les polars pour Sébastien, la BD et la littérature française pour Grégoire. « Libraire est un métier d’idéaliste, dit Grégoire, le patron. On rencontre chaque jour des gens complètement différents, on rentre un peu dans leur intimité à travers leurs lectures… » Les libraires ont pourtant les pieds sur terre. « On fait un travail d’Hercule mais on gagne très mal notre vie, ajoute Sébastien. Libraire, c’est un travail d’ouvrier. On doit d’abord être des gestionnaires, savoir gérer des stocks et faire du commerce. Je le dis tout en aimant ce que je fais. La littérature et les mots sont fondamentaux dans ma vie.»

 La définition de son métier ? « Passeur. J’achète des livres dans le monde entier, je me renseigne, je vais sur des blogs,  je rencontre des éditeurs et des écrivains. J’essaye d’ajouter un « plus » car je sais parfaitement que la majorité des gens n’ont pas besoin de livres pour vivre".

L.M.
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Mardi 26 mai 2009

 

Un portrait intimiste d’une grand-mère qui enregistre tous ses souvenirs sur des cassettes audio.

 

 

 

Adèle, 80 ans, est non-voyante. Ses souvenirs sont inscrits sur des cassettes audio enregistrées par elle-même ou par ses petits-enfants. Elle tente depuis des années d’immortaliser ces lettres, chansons, ambiances et réflexions personnelles grâce à un antique appareil à double cassette. Elle avance, recule, stoppe, s'énerve : bref, mémé fait de la radio. 

 

Charlotte Bienaimé, sa petite-fille, dresse ici un délicieux portrait de grand-mère. « C’est un peu elle qui m’a appris la radio ! , déclare cette jeune journaliste de France Culture. On enregistre des cassettes ensemble depuis que je suis petite. Moi aussi j’ai voulu l’enregistrer, même si je n’aimais pas trop l’idée de parler de moi, de ma famille… Finalement, ça a été une belle expérience. Je l’ai enregistrée pendant qu’elle prenait le thé. Puis j’ai écouté toutes ses cassettes pour le montage afin d’en sélectionner des morceaux. J’étais très émue.»  

 


 





L’AUTEUR

 

Charlotte Bienaimé est née en 1983. Diplômée du CUEJ de Strasbourg, elle privilégie les sujets sociaux et réalise des documentaires pour l’émission Les pieds sur terre sur France culture. 


Un reportage proposé en partenariat avec Arte Radio.

Arte Radio, écoutez pour mieux voir.
http://www.arteradio.com  

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Lundi 25 mai 2009

 France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Jean Leymarie reçoit un des auteurs de la revue.
 

Delphine Minoui, auteur de Cousin, cousine à Beyrouthl’histoire des retrouvailles, après un an de séparation, de deux cousins chiites, Najat et Imad, qui ont des avis politiques divergents, était son invitée le dimanche 24 mai.

Ecouter l'interview.



 
Illustration: Michael Sterckeman
 
Par XXI - Publié dans : La vie de XXI
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