Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 11:56

Dans Mon cousin colon, publié dans le numéro 11, Benoît Vitkine fait le portrait de son cousin, installé dans une colonie de Cisjordanie. Coulisses d'un récit familial.

 

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Qui est ce cousin dont vous racontez l’histoire ?

 

Mon oncle, le frère de mon père, est parti vivre en Israël à vingt ans. A la différence de sa famille, peu pratiquante, il s’était découvert une vocation religieuse et politique à l’adolescence. Juif ashkénaze, il a épousé une Marocaine séfarade, dont il a eu sept enfants, élevés religieusement. J’ai rencontré cette branche de ma famille il y a deux ans seulement lors de vacances en Israël. Mon oncle m’a reçu dans leur appartement familial de la banlieue de Jérusalem. C’était jour de Shabbat, tous les enfants étaient réunis, dont mon cousin Akiva, sa femme et leur bébé.

 

La vue2Akiva et sa femme, Batya: "On a une vue magnifique de chez nous." 

 

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Pourquoi écrire sur lui?

 

Akiva et moi avons à peu près le même âge, et nous nous sommes tout de suite bien entendus, malgré nos modes de vie très différents. Je ne suis pas croyant, je ne parle pas l’hébreu. Lui a choisi de vivre en mobile-home dans une colonie illégale de Cisjordanie entourée de villages arabes. Ce choix de vie radical, je voulais essayer de le comprendre. Un an après notre rencontre, je suis retourné en Israël, chez lui.


La maison-la voitureAkiva s'est installé dans un mobile-home avec sa famille.

 

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Votre famille était-elle d’accord ?

 

Le côté français de ma famille était assez réticent à l'idée de ce reportage, qu’il voyait comme une source potentielle de conflits. Akiva était méfiant lui aussi. Il trouve, à tort ou à raison, que les médias européens sont a priori anti-israéliens. J’ai été franc avec lui : je lui ai dit qu’il n’aimerait peut-être pas mon récit, car la plupart des gens ne se reconnaissent pas dans leur portrait. Finalement il m’a fait confiance et m’a ouvert les portes de sa colonie.

 

Guiva2La colonie illégale de Guiva, en Cisjordanie, où vit Akiva.

 

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Est-il difficile d’écrire sur un proche ?

 

J'ai choisi d'écrire que nous sommes cousins dès les premières lignes pour poser les choses. Cela m’a permis d’assumer une certaine proximité. Ensuite, j’ai simplement retranscrit les paroles d'Akiva, sans jugement, et raconté son quotidien. Ma plus grande crainte était de le faire passer pour un extrémiste cinglé. 

 

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Les collines de Guiva sont le territoire réservé des colons.   

 

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Quelle a été sa réaction en lisant le papier ?

 

Comme il ne parle pas français, il l’a traduit sur internet. Il ne s’est pas senti trahi, mais ne s’est pas reconnu non plus. Je l’ai par exemple beaucoup interrogé sur les Palestiniens ; mais lui, les Arabes, il n’y pense pas tous les jours.

 


 

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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /2010 11:11


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Célyne Bayt-Darcourt reçoit un des auteurs de la revue.

 

Le 4 juillet, son invité était Benoît Vitkine, auteur de Mon cousin colon, publié dans le numéro 11 de XXI. Akiva et sa femme Batya s'installent illégalement en juillet 2007 sur "la colline de l'ouest", en Cisjordanie. Ils retapent une caravane et se mettent à cultiver la terre. Ils sont heureux. En une nuit, la colline est redevenue "leur terre juive".

 

Ecoutez l'interview

 

vitkine2.jpg© Michel Galvin pour XXI

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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 08:30

 

Dans le quatrième et dernier épisode des Nouvelles d’Alain, le photographe Alain Keler part à la rencontre des Roms de Slovaquie et de France. Il est introduit par le musicien slovaque Ivan Akimov. Portrait d’un Tsigane de cœur, qui préfère parler de son groupe, Kesaj Tchavé, que de lui.

 

Au téléphone, Ivan Akimov a une voix douce, marquée par un accent de l’est. De passage à Paris pendant quelques jours, le Slovaque donne rendez-vous dans un café. Ses cheveux longs et dégarnis encadrent un visage souriant. Il parle vite, avec émotion, ses mots courent comme une musique endiablée.

 

Fils d’immigrants russes, Ivan Akimov naît à Brastislava en 1955. Il fuit la Tchécoslovaquie avec sa famille après le printemps de Prague. Réfugié à Paris,  le jeune homme joue de la balalaïka dans les théâtres et les cabarets. Il rencontre sa femme en Slovaquie à la fin des années 1980. Elle fait partie des quelques milliers de familles Roms qui ont été « intégrées » à la société pendant la période communiste. Chez elle, tous les enfants ont été scolarisés. Sa sœur, Anna Koptova, deviendra la première députée rom du Parlement slovaque, et ouvrira à Kosice en 2003 le premier lycée tsigane du pays,« creuset d’une future intelligentsia ».


Vidéo tournée lors du Festival Interbidonvilles, organisé en 2009 dans le village rom de Velka Lomnica, en Slovaquie.

   

Avec sa femme, Ivan Akimov embrasse la cause des Roms. En Slovaquie, ils seraient près de 500.000, soit 10% de la population totale ( 5,4 millions). Mais lors des recensements, moins de 100.000 se déclarent comme tels, préférant dire qu’ils sont Slovaques ou Hongrois. Sans qualifications, victimes de discriminations, ils vivent dans des quartiers pauvres ou dans des bidonvilles, principalement à l’est du pays. « Ils ont une image très dégradée d’eux-mêmes et sont d’un fatalisme incroyable. Mais ils sont aussi d’une vitalité énorme, dit Ivan Akimov. Peu occidentalisés, les Roms de Slovaquie ne sont pas dans le folklore, ils sont dans la vie. »

 

Cet étourdissant appétit de vivre inspire le musicien. Il créé le groupe Kesaj Tchavé -qui signifie "les enfants de la fée Kesaj-"pour redonner aux jeunes Tsiganes le goût de leur culture traditionnelle : la musique et la danse comme outils de valorisation.


Kesaj Tchavé fait des représentations dans des festivals et des salles de concert, comme le Zénith de Paris. Le groupe d'une trentaine de jeunes fait également vibrer des quartiers Roms, en Slovaquie et en France.  En juin 2010, il joue dans un bidonville de Montreuil, habité par 200 Tsiganes. La veille, une rixe a eu lieu, le sang a coulé. Ivan décide néanmoins de maintenir le spectacle. « Les enfants de Montreuil ont été transportés par l’énergie des autres. Il y a eu comme une compréhension immédiate entre eux. Ce choc positif leur a fait oublier en quelques heures celui de la veille ».


 

Extrait d'un documentaire sur Kesaj Tchavé, diffusé sur Arte en 2008. 

 

 

Kesaj Tchavé bénéficie d’aides très sporadiques du Ministère des Affaires étrangères français et du gouvernement slovaque. Mais le groupe, qui est aussi une ONG, pratique surtout l’art de la débrouille. Ivan Akimov : « Il n’est pas facile de faire comprendre au public nos actions de Don Quichotte. On ne prétend pas changer la vie des Roms. C’est un problème de société extrêmement complexe, proche, sous certains aspects, de celui des sans-abri. Notre objectif est bien plus modeste: nous cherchons à apporter un peu de bonheur et d'espoir, au jour le jour ».

 

L.M.

 

 

Le blog de Kesaj Tchavé

 

Le myspace de Kesaj Tchavé

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 11:53


France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Célyne Bayt-Darcourt reçoit un des auteurs de la revue.

 

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Le 27 juin, son invité était Emmanuel Guibert, co-auteur du récit graphique Des nouvelles d'Alain avec Alain Keler et Frédéric Lemercier.

 

Pour le quatrième et dernier épisode de ce feuilleton sur la vie des Roms, les auteurs se rendent aux portes de Paris, guidés par le groupe de musique tsigane Kesaj Tchavé.

 

Ecoutez l'interview

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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 04:42

 

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Ce printemps, le journaliste le plus influent des Etats-Unis s’appelle Mike Allen. A la tête de Politico.com, un site d’information sur Internet, il est « l’homme qui réveille la Maison-Blanche », selon le New York Times. Tous les jours, à partir de 5 h 30 du matin et jusqu’au-delà de minuit, il publie de courts articles (entre six et huit). Journalistes, hauts fonctionnaires, militants, sénateurs, rivés à leur téléphone portable 3G, consultent ses textes « de manière compulsive ».


Mike Allen est collé à son ordinateur sur lequel arrivent plus de deux mille e-mails quotidiens. « Les gens qui me suivent veulent lire dix histoires intéressantes chaque jour. Pour les trouver, il leur faudrait lire mille histoires, nous le faisons pour eux », explique-t-il. Allen fournit à jets continus des informations et des anecdotes aux « drogués de la politique ». « Il dirige la conversation médiatique » avec sa production « à haut potentiel de dissémination virale », constate le New York Times.


Mike Allen est la parabole d’un univers déconnecté du monde réel où « la conversation médiatique » se déroule entre initiés, dont les écrans scintillent en permanence d’« alertes » en « urgents » qui se succèdent et s’annulent. Le philosophe Paul Virilio constate que « nous atteignons les limites de l’instantanéité, la limite de la réflexion et du temps proprement humain ». Nous devenons, selon lui, « les objets/sujets d’un masochisme quotidien et d’une mise sous tension consentie ». Or un monde de l’immédiateté serait « inhabitable et invivable ».


Comme en écho, le 9 mai 2010, en Virginie, Barack Obama a mis en garde les étudiants américains de l’université de Hampton. « Vous entrez dans la vie adulte dans un monde où nous sommes bombardés d'informations en continu. Certaines informations les plus folles sont rapidement amplifiées. Tout cela non seulement met de la pression sur chacun de nous, mais aussi sur notre démocratie. »


Les leaders économiques, militaires et politiques apprendront vite à dompter Internet, en noyant tous les contre-pouvoirs potentiels sous un flux continu de « buzz », d’informations morcelées et d’argumentaires sophistiqués. C’est une condition de survie lorsqu’il s’agit de protéger des stratégies qui dépassent l’horizon mental de 24 heures de Mike Allen et de ses clones.


Le « bruit médiatique » rend difficile la compréhension du monde. Rien d’intelligible ne relie les éléments disparates qui nous sont livrés en vrac, aussitôt recouverts par cent autres. Aussi, ce trimestre, les auteurs de XXI ont eu envie de retourner là où les autres médias ont plié bagages.


Anne Brunswic est allée rencontrer le médecin de Gaza, qui, il y a deux ans, avait appelé en direct un ami journaliste israélien après avoir découvert ses filles tuées par un obus. Pendant 24 heures, il a été l’homme le plus célèbre des JT du monde – et puis plus rien. Natalie Levisalles a rencontré les békés de Martinique, un an après les émeutes des Antilles – dont plus personne ne parle. Sylvie Caster s’est rendue dans le pavillon de Cadillac où sont soignés les « malades difficiles », qui ont disparu des radars médiatiques après la mort à Toulouse d’une infirmière poignardée par un psychopathe. A l’époque, ce crime avait suscité une avalanche de commentaires et d’oukases définitifs. Qui s’en souvient ? Jean-Marie Théodat a quitté son poste de professeur d’université à Paris pour retrouver son pays natal, Haïti, sous une tente dans le jardin, afin de faire l’école.


Gaza, Cadillac, Martinique, Haïti, ces événements ont fait partie de ces « dix histoires par jour » dont parle Mike Allen. Elles ont été depuis annulées par des milliers d’autres. Pour nous, elles sont importantes. Elles méritent d’être racontées vraiment, avec du relief, un regard, des détails justes, car elles nous aident à comprendre la marche du monde. Le temps humain dépasse celui du clic et nos points de vue gagnent toujours à reposer sur des éléments solides.


XXI aime aussi les œuvres de longue haleine. Chaque année, ils sont plusieurs milliers à se retrouver sur le plateau des Glières autour du programme du Conseil national de la Résistance élaboré en 1944. Parmi les organisateurs, un très jeune homme de 92 ans, Stéphane Hessel, qui se raconte. Il nous invite à « être heureux, parce que le bonheur, c’est contagieux ». Le bonheur, voilà une « dissémination virale » qui nous convient. Bonne lecture et bon été.

 

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /2010 02:40


Les pages Actualité, par Dominique Lorentz


APERCU

CONTRECHAMP

DE L’INTERIEUR

FLASH-BACK

DETONNANT 

ILS FONT AVANCER LE MONDE

IL A DIT

DANS L’ŒUF

   

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DOSSIER:

LES DEUX... ISRAËL

 

*Au pied des murs

Synthèse, par Patrick de Saint-Exupéry


*Mon cousin, colon

« Nous étions là les premiers, il y a 4000 ans »

Par Benoît Vitkine. Illustré par Michel Galvin


*Le « médecin qui sourit »

Gynécologue palestinien, il a perdu trois filles, mais croit toujours à la paix

Par Anne Brunswic . Illustré par James Majowski

 

*Opération « Toto »

Quand Israël a voulu inonder l’Egypte de drogue...

Par Bénny Lévy. Illustré par Raymond Verdaguer


* PORTFOLIO: Douces folies de Sibérie

Reportage photo de Monique Yazdani (Cosmos)


*L’étrange pavillon du docteur Henry

Au coeur de la Gironde, Cadillac abrite une « unité de malades difficiles »

Par Sylvie Caster . Illustré par Colcanopa


alain.png *Des nouvelles d’Alain (4)

L’ami photographe clôt, en France, son périple.

Par Emmanuel Guibert, Alain Keler, Frédéric Lemercier


*Les Allemands perdus du Paraguay

Une colonie fondée en 1886 par Elizabeth Nietzsche et son mari

Par François Musseau . Illustré par Jacques Floret


*La juge et les dioxines

Le travail d’un magistrat pris en tenaille entre les pressions des politiques et les attentes des plaignants

Par Clarisse Feletin . Illustré par Olivier Tallec

 

*Enquête sur les békés de Martinique

Ils sont 2500 sur 400000 martiniquais et vivent dans une forteresse

Par Natalie Levisalles . Illustré par Philippe Lardy


*Entretien avec Stéphane Hessel

« Il faut être heureux parce que le bonheur est contagieux »

Par Jean Leymarie . Illustré par Richard Yeend

 

*Au coeur du volcan

Récit graphique de Jean-Philippe Stassen


Image 3

 

 

*« Lever l’ancre »

Par Jean-Marie Théodat . Illustré par Charles Dutertre

 

 

 

 

 

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