Samedi 23 mai 2009


Dans son dernier numéro, XXI publie un récit intitulé "Les évaporés du Japon", l’histoire de ces milliers de Japonais qui décident un jour de disparaître pour refaire leur vie ailleurs. Quelques semaines plus tard, Alexis de Raphelis, un jeune auteur de bande dessinée installé depuis plusieurs mois au Japon écrivait pour signaler qu’il réalisait une bande dessinée sur le sujet. Nous lui avons proposé de publier sur le blog quelques dessins.
 

L.M
     

    
 "J’ai commencé à m’intéresser au phénomène des évaporations à travers différents auteurs Japonais, l'année dernière. En venant au Japon, j’avais aussi ce sentiment de m’évaporer, de tout laisser derrière moi, pour construire quelque chose de nouveau.
Traiter le sujet sans dialogues s’est fait naturellement: cela m’évitait de choisir entre le Français et le Japonais, et de me focaliser uniquement sur la mise en scène et le dessin. Fixer des contraintes me pousse à expérimenter. Si tout se passe bien, j'attaquerai la réalisation de l'album de retour à Paris. Ce sera l’occasion de parler d’un sujet peu connu en France, et en plein essor au Japon avec la crise."
    
 Alexis de Raphelis.
    
   
    
    
 Le scénario:
 "Histoire d’une banale évaporation".  Noir et Blanc - Sans dialogues.
   
Osaka- Japon. Un homme, la quarantaine passée, marié, un enfant, supporte une vie de famille insignifiante. Il tue ses rares moments de temps libre dans les pachinkos ( salle de jeux et de machines à sous) et les tribunes de courses de bateaux. Dans ses moments de solitude, il se remémore souvent son unique souvenir d’adolescent : une photo de classe sur laquelle tous les enfants fixent l’objectif sauf un, qui regarde sa future femme. Ce morne quotidien se brise quand, au lendemain de son licenciement, il découvre une mystérieuse publicité dans sa boîte aux lettres. Il y est écrit: "On vous aide à disparaître. On s’occupe de tout et PLUS. 100% de réussite" suivi des coordonnées de l’entreprise. Ce « Plus » va définitivement bouleverser sa vie.


  L’AUTEUR
 
Alexis de Raphelis né en 1983 a suivi des Etudes d’architecture intérieure à l’ESAG.  Il travaille un an dans un cabinet d’architecture/bureau d’études, avant de se lancer dans la bande dessinée. En 2008, il publie Le Bloc aux éditions Sarbacane  Il aime créer du lien et il dialogue en organisant des expositions dans les Centres de Vie Sociale ou des ateliers dans les classes spécialisées de collège et lycée. Il travaille actuellement au Japon sur différents projets artistiques (architecture, illustration, bd…).
    



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Mercredi 20 mai 2009

 

C’est l’année de tous les succès pour les auteurs de XXI. Après Anna Miquel, lauréate du prix Louis Hachette pour son enquête sur la mort du journaliste Philippe Dieuleveult, et Sophie Bouillon, récompensée par le prix Albert Londres, Stéphanie Lacombe vient d’emporter le prix Niepce de la photographie pour sa série « Les tables de l'ordinaire», publiée dans le n°4.


C’est en lisant XXI que le photographe Luc Choquer a découvert le travail de Stéphanie Lacombe et choisi de la parrainer pour ce prestigieux prix de la photographie.


Toute l’équipe de XXI  la félicite pour cette victoire.
 

 
 

 

"Les tables de l'ordinaire" est un travail personnel de Stéphanie Lacombe. Pendant trois ans, la jeune photographe de 33 ans a arpenté la France pour immortaliser les dîners des Français. Elle a frappé aux portes, s’est heurtée aux refus, s’est liée aussi avec ceux qui l’accueillaient. 

 

« La nourriture m'a toujours passionnée, dit-elle. Etudiante, je dînais dans mon lit en regardant la télévision. Un jour, je me suis dit : « Quelle horreur ! » Je me suis alors souvenue des repas de famille. Nous passions les dimanches à table. Tous ensemble. De l’apéro de 11 heures à la fin du déjeuner vers 18 heures, la table était le centre de vie. » 

 

Elle commence par interroger un ami sur ses habitudes alimentaires. Celui-ci raconte qu’il mange tous les soirs des tartines de Kiri, debout, près d’un petit poste de radio. Au fond, il n’aime pas manger. Pour lui, les dîners sont un symbole de solitude, d’angoisse et de froideur. Ils le renvoient à son enfance, quand sa mère, qui travaillait la nuit à l’hôpital, lui laissait un plateau repas dans le frigo.

 

Ce témoignage conforte Stéphanie Lacombe dans son projet. « Les repas nous racontent, dit-elle. Ils sont un rituel banal, quotidien, mais très intime. D’ailleurs, les gens que je rencontrais ne voulaient pas que je les photographie en train de dîner. Ils sortent du boulot, c’est le bordel, ils ont les enfants dans les pattes, souvent pas le temps de faire un vrai repas… Je suis sûre que j’aurais eu moins de difficultés à les photographier sous la douche ! »

 

Stéphanie Lacombe a présenté une seconde série personnelle au jury du prix Niepce : Papillon Rouge, portrait intimiste de cinq femmes pratiquant le sado-masochisme.
 

 
Stéphanie Lacombe. Née en 1976  à Cahors dans le Lot, ville du goût et du bien vivre : vin, truffe, foie gras, j’ai goûté à Paris les délices de l’expression artistique avec, en entrée, le lycée du Livre et des Arts Graphiques rue Madame et en plat principal, les Arts Décoratifs. Je cuisine sur commande pour les institutions ou fais goûter mes plats à la presse comme Marie-ClaireLa CroixVSDLireClassica. Je fais revenir le tout au sein du réseau de photographes indépendants Picturetank.com.


Les photos de Stéphanie Lacombe.

Le site du prix Niepce.

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Lundi 18 mai 2009

 


Julien Petit, jeune journaliste franco-cambodgien de 19 ans, suit depuis plusieurs mois le procès des Khmers Rouges. A travers les témoignages d'un rescapé et d'un ancien gardien, il dresse un terrifiant portrait de Douch, premier accusé à comparaître au tribunal et ancien directeur de deux centres d'interrogation et de torture pour prisonniers politiques : S-21 et M13. 


    Une cellule de S-21 où les prisonniers pouvaient être torturés à l’abri des regards. 


C’est par un poème d’Alfred de Vigny que Douch, l’ancien tortionnaire Khmer Rouge, s’excuse de ses crimes devant la cour. « Gémir, pleurer, prier est également lâche/ Fait énergiquement ta longue et lourde tâche/ Dans la voix où le sort a voulu t’appeler/ Puis après comme moi, souffre et meurt sans parler ».


De 1975 à 1979, Kaing Guek Eav, alias Douch, a dirigé le centre de sécurité S-21 à Phnom Penh dans lequel près de 17 000 prisonniers politiques seront interrogés et torturés avant d’être exécutés dans les « Killing Fields » (« Les champs de morts). Le bourreau d’hier est aujourd’hui un vieil homme en chemise blanche qui s’excuse sans cesse. Mains jointes face à la cour internationale qui l’accuse de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de crimes nationaux, il ne regarde pas les parties civiles. Lorsqu’il parle des exactions commises sous ses ordres, son discours est direct et son visage craquelé de rides ne traduit presque rien. Les mimiques de Douch font rire le public et il parvient à capter l’attention tandis que ses avocats posent de vraies questions. Maître Kar Savuth, co-avocat de Douch : « Il y avait 196 centres de détention sous le Kampuchéa démocratique. [...] Pourquoi Douch est-il le seul des anciens directeurs de ces centres à être traduit en justice ? »


La cour ne réagit pas à cette remarque. Pourtant, parmi le public, un homme a la réponse. Vann Nath est un des 7 survivants de S-21 : « On déportait les prisonniers de tout le pays vers S-21, mais jamais le contraire. Il y avait S-21, et les autres centres. » En 1977, Vann Nath est arrêté et torturé près de Battambang avant d’être transféré à S-21. Détenu près d’un an, il ne doit sa survie qu’à son art. Il est peintre. Douch lui commandait des portraits de Pol Pot. Du résultat dépendait sa survie.


Il y a 30 ans, Douch gardait un œil sévère sur le peintre. Aujourd’hui, c’est le contraire. Vann Nath est témoin devant la cour et, malgré ses problèmes de santé, il s’efforce d’être présent aux audiences qui ont débuté le 17 Février dernier.


Tirées de son vécu ou de témoignages, les peintures de Vann Nath racontent les souffrances des prisonniers d’S21.

Au cœur des débats : le centre de sécurité M13, genèse de S-21, où Douch fait ses armes de 1971 à 1975 et dans lequel selon lui 200 à 300 personnes auraient perdu la vie. Selon un ancien détenu, le nombre de victimes s’élèverait en fait à 30 000. Douch ne sera pas jugé pour les exactions commises à M13 - le mandat du tribunal ne couvre que la période du Kampuchéa Démocratique du 17 Avril 1975 au 7 Janvier 1979 - mais l’étude de l’ancienne prison livre des éléments pour mieux comprendre le fonctionnement de S-21, la personnalité de l’accusé et ses liens avec les leaders du Kampuchéa Démocratique.

 

« Douch ordonnait, nous exécutions »

 

Premier témoin appelé à la barre : un français. François Bizot, ancien chercheur pour l’Ecole Française d’Extrême Orient (EFEO) qui, en 1971, passera plusieurs mois à M13 sous la surveillance de Douch. M. Bizot décrit ses interrogatoires comme se déroulant « toujours de manière polie », « avec une certaine amabilité ». Sans violence. Il dépeint Douch comme « un communiste-marxiste qui était prêt à donner sa vie s'il le fallait pour son pays et pour la révolution [...] le but ultime de son engagement était le bien-être des habitants du Cambodge.»

 

Cette déclaration de M. Bizot fait réagir Nath. « Nous avons une vision totalement différente de Douch. A S-21, rien que le son de ses pas me faisait me lever et l’attendre. Il était tout puissant. Lorsqu’il ordonnait, on exécutait ses ordres. La première fois que je l’ai vu, j’ai été surpris par la puissance qu’il dégageait. Douch a d’abord pensé à lui à l’époque. Il se cachait derrière des idées communistes pour travailler à son compte et celui des Khmer Rouges. En aucun cas pour le peuple. » Nath n’a aucune hésitation quand il ajoute : « M. Bizot n’a pas connu ce qu’était S-21. Si c’était là-bas qu’il avait connu Douch, il ne serait pas là pour témoigner. Demandez à Houy. »



Vann Nath,  victime rescapée de S-21, dans son atelier, devant les photos de son entrée dans la prison en 1978 et un autoportrait tirée de sa détention dans une autre prison près de Battambang.
 

Him Houy, aujourd’hui appelé comme témoin au procès, était hier ancien chef du Santebal à S-21, la police secrète des Khmer Rouges, et membre du staff de S-21 de 1975 à 1979. Il convoyait les prisonniers de S-21 aux charniers, mais pas seulement. Après s’être rendu aux autorités Cambodgiennes en 1995, Houy avoue avoir exécuté 2000 personnes. Pourtant, assis sur une natte, chez lui dans la province de Kandal, il corrige sans gêne son estimation à 5 victimes seulement. Il mime ensuite tranquillement avec ses mains le cérémoniale des exécutions. « Le prisonnier était agenouillé, les yeux bandés. On lui frappait l’arrière du crâne avec une barre de fer, puis on l’égorgeait pour s’assurer qu’il était mort. »

 

Le charnier de Choeung Ek que Him Houy connaît bien, compte aujourd’hui environ 17 000 corps. En revanche, on ignore toujours combien de victimes sont enfouies dans l’ancien secteur de S21. Selon les estimations, de 1975 à 1979, 800 000 personnes sont mortes exécutées dans tout le pays. Un million succomberont de maladies et d’épuisement. Douch, Houy et la majorité des anciens Khmer Rouges encore en vie renvoient leur responsabilité vers leurs supérieurs et s’affichent comme victimes d’un système. Inévitablement, toutes les fautes convergent vers l’ancien frère n°1 : Pol Pot, décédé sans être jugé en 1998.

 

« Il faut séparer les victimes, les bourreaux/instruments et ceux qui donnaient les ordres », voilà le rôle du tribunal selon Nath. « A l’époque Douch avait droit de vie ou de mort sur les prisonniers. Il n’était pas forcé. Ce qui se passait sous son commandement relevait de sa décision. » Him Houy se souvient. « Douch fumait une cigarette sous un arbre juste au bord des fosses. Il m’a demandé de prouver ma loyauté en exécutant des prisonniers. Je l’ai fait, pas par plaisir, mais parce que j’avais peur qu’il me tue si je refusais. »

 

Les photos des victimes, toutes photographiées dès leur entrée à S21, sont exposées dans les couloirs du mémorial Tuol Sleng.

 

Douch n’était-il qu’un pion ? C’est l’une des questions clé. Les audiences visant à cerner la responsabilité de Douch ne sont prévues que pour début Juin. Beaucoup attendent son témoignage concernant les 4 autres accusés : Khieu Samphan, ancien Président du Kampuchéa Démocratique, Nuon Chea, Frère n°2 et ancien Président du Parlement, Ieng Sary, ancien Ministre des Affaires Etrangères, Ieng Tirith, femme de Ieng Sary et Ancienne Ministre des Actions Sociales et de l’Education.


Nath, lui, attend que justice soit rendue. Le moment venu, il se souviendra des visages de 36 victimes, des amis, enfermés avec lui à S-21. Il se souviendra de leur pacte : « Si l’un de nous parvient à sortir vivant d’ici, il devra raconter ce qu’il a vu à tous les Khmers. »


Aujourd’hui, Vann Nath est le seul à pouvoir respecter ce pacte. 



L'AUTEUR


Julien Petit a 19 ans. Il est franco-khmer et travaille actuellement à Phnom Penh en freelance pour un journal local (Le Petit Journal) et un magazine Américain (Voices). Il souhaite se faire une expérience sur le terrain avant de poursuivre des études de documentariste.  

 

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Lundi 18 mai 2009

 France Info est partenaire de XXI: chaque dimanche à 8h54, Jean Leymarie reçoit un des auteurs de la revue.
 
Sophie Bouillon, auteur de "Bienvenue chez Mugabe", paru dans le numéro 4 de XXI, qui lui a valu le prix Albert Londres de la presse écrite, était son invitée le 17 mai.

Ecouter l'interview.




 Illustration: Sergio Aquindo 
 
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Mercredi 13 mai 2009

 

Sophie Bouillon a reçu le Prix Albert Londres pour son reportage « Bienvenue chez Mugabe »paru dans XXI numéro 4, « Destins d’Afrique ». A 25 ans, Sophie devient la plus jeune lauréate du prix le plus prestigieux de la presse française.
 

C’est une distinction symbolique. A l’heure où la presse écrite connaît une crise sans précédent, le jury couronne une jeune journaliste tout juste sortie de l’école de Lille, passionnée par l’Afrique australe, qui a eu du cran, du talent et de la confiance dans son métier.
 

Il fallait du cran pour, dans ses derniers mois d’école, partir au Zimbabwe avec un jeune réfugié, alors que les journalistes étrangers y sont mal vus et que ce pays sombre peu à peu dans une indifférence générale.
 

Il fallait du talent pour raconter sur 30 feuillets cette histoire et en faire son premier « grand reportage ».
 

Il fallait de la confiance dans son métier pour, avec l’argent gagné grâce à la publication dans XXI, utiliser cette somme afin de repartir en Afrique du Sud et tenter d’y vivre de sa plume.
 

Toute l’équipe félicite Sophie pour cette distinction.
 

LB et PSE







Sophie Bouillon avec Alexandre Dereims, lauréat 2009 audiovisuel du Prix Albert Londres

 
"Je suis très honorée d'être la plus jeune lauréate du prix. C'est un honneur mais aussi un encouragement. Je suis très contente d'avoir eu ce prix pour XXI qui commence aussi sa carrière!", déclare Sophie Bouillon. 



Sophie Bouillon. Partie en Afrique du Sud en 2005 pour travailler dans un hôpital des townships, elle revient en France avec une seule idée en tête : devenir journaliste en Afrique australe. En mars 2008, ses études à l’Ecole de journalisme de Lille touchent à leur fin et elle part couvrir les élections au Zimbabwe pour La Croix, Jeune Afrique, Radio France et le site internet du Monde. Elle est désormais basée en Afrique du Sud, en tant que correspondante de Jeune Afrique et de la Radio Suisse Romande.


A LIRE:

Sur le blog de 21, les articles de Sophie Bouillon:


Portrait : Comrade Fatso, poète zimbabwéen

Reportage : Le Zimbabwe compte ses morts, et ses dollars

Reportage : Zimbabwe, les regrets de Percival

 

Sur le site de La Croix, les correspondances de Sophie Bouillon.

Sur le site de rue 89, un article d'Augustin Scalbert.

Le site du prix Albert Londres. 


Voir le communiqué de presse.




 
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Mardi 12 mai 2009




Le blogde21 s'associe avec Arte Radio, une référence en matière de création sonore, créée en 2002. 

La radio web d'Arte propose des centaines de reportages, documentaires et créations inédits à écouter en ligne ou à télécharger librement. Ses auteurs travaillent sans format ni commentaires, à l'écoute du monde et des vies qu'on y mène.

 

Deux fois par mois, XXI vous fera entendre une de ces créations sonores.

 

La première, Les 10.000 portes. Hauts et bas d'une très grande bibliothèque, est signée Laure Bollinger et Elise Picon, deux artistes plasticiennes, qui ont réussi à se glisser dans les coulisses de la Bibliothèque Nationale de France François-Mitterrand. Un temple du livre à l'architecture imposante... mais aussi un dédale kafkaïen, aux dimensions inhumaines.

Laura Bollinger travaille à mi –temps à la BNF depuis 2007. « Le bâtiment , l'esplanade, m'avaient toujours impressionnée, sans trop savoir quoi en penser. Puis, l'immersion m'a complètement ahurie. J'y étais perdue , y découvrant l'aspect "usine".Le contraste entre ce que représentait la BNF, l'essence même de la culture, et ce que j'y faisais (passer les livres sous des codes barre) me troublait.Comme le dit l’un des protagoniste, le livre était vidé de son contenu. »

A l’époque, Elise Picon fait des portraits d’habitants du 13 ème arrondissement. L’étrangeté des lieux la fascine.

Les jeunes femmes décident de croiser leur regard ( intérieur/extérieur). Il leur faut six mois pour obtenir l’autorisation de la BNF, qui leur accorde cinq jours de prise de son. Accompagnées du réalisateur Samuel Hirsch,  elles font parler le personnel, souvent privé de repères et de lumière,  et entendre les pas, les chuchotements de la bibliothèque aux 10.000 portes.


Les 10.000 portes.
Hauts et bas d'une très grande bibliothèque. 28'22""
Prises de son, mise en ondes & mix: Samuel Hirsch
Réalisation: Elise Picon & Laure Bollinger





LES AUTEURS

Laure Bollinger est artiste plasticiènne. Elle a fait l’ecole Nationale d’art de Paris-Cergy où elle utilise surtout la photographie, puis s'ouvre peu à peu à d’autres supports. Vidéo, objet-livre, enfin le son. Que se soit à travers Les 10 000 portes ou d’autres pieces (Rubikube, Hems , Ville nouvelle, maman), Laure Bollinger aime organiser sa dispersion, sa déambulation, comme une sorte de “désorientation organisée”.
Elle a passé un an au Québec et deux au Vietnam, pays où elle a exposé ses travaux. Elle participera à la rentrée aux rencontres  de la Mission Jeunes Artistes de Toulouse. 
 
Elise Picon, artiste plasticienne, née à Paris en 1978, a étudié à Strasbourg, Bruxelles, puis l'école nationale d'art de Paris-Cergy où elle a obtient son DNSEP en 2003.Proche d'une méthodologie documentaire, son travail interroge la relation à l'autre, la notion de groupe de microcosme.Elle dirige de nombreux workshops et des ateliers d'éducation à l'image. Elle a récemment travaillé avec le Mac Val , la galerie d'art contemporain de Noisy le sec, ARCADI  et collabore comme monteuse sur des documentaires de création.
 

Arte Radio, écoutez pour mieux voir.
http://www.arteradio.com 
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