Jeune dessinateur de bandes dessinées, Cmax est curieux du monde, passionné par ses couleurs et lit Rimbaud. Agé 22 ans, il a arpenté les collines du Rwanda et travaille sur un
projet consacré à l’Afghanistan.
Accompagné d’un ami photographe, il est parti en Inde en décembre 2007 avec en tête la ferme intention d’en tirer un récit graphique d’une
trentaine de planches. Dans l’attente d’une possible publication de son reportage, XXI vous présente quelques croquis de la préparation de son voyage.
Pour les visionner en grand format, c'est ici (.pdf).
Au moment du lancement de XXI, Granta, un glorieux ancien du «narrative writing», trimestriel lui aussi, publie son centième numéro.
Extrait :
En 1979, un jeune diplômé américain ressuscite une vieille revue universitaire de Cambridge pour en faire le lieu des écrits de qualité de toutes sortes – reportages, fictions, mémoires,
biographies – mais aussi de la photographie, et à l’occasion de la poésie. Dans les années qui ont suivi, Granta s’est installé des deux côtés de l’Atlantique et continue de publier ce qui
s’écrit de mieux en langue anglaise.(...)
Granta n’a pas de ligne politique, mais croit en la puissance et l’urgence du récit.(...) Il y a deux ans, le «London Observer» a écrit du Granta: "Dans son mélange de mémoires et de
photojournalisme, et la valeur accordée à la fiction réaliste contemporaine, Granta a le visage bien appuyé à la fenêtre, déterminer à témoigner du monde". (...)
Des quatre séjours qu’il a effectués au Darfour depuis 2004, Jérome Tubiana, un jeune journaliste-photographe a ramené un regard original sur le conflit.
XXI publie un diaporama qui mêle ses photographies récentes et celles de ses parents, Joseph et Marie-José Tubiana, prises le plus souvent dans les années 60, au Darfour, et
parfois au Tchad, à la frontière soudanaise.
DIAPORAMA
Téléchargez Quicktime pour visionner le diaporama.
AIN SIRO, UNE ZONE REBELLE OÙ L'AIDE N'EST PAS TOUT
INTERVIEW
La grande majorité de la population du Darfour dépend
de l’aide humanitaire. Pourtant, celle-ci n’atteint pas tous les habitants. Comment ceux qui en restent privés s’en sortent-ils ?
Jérôme Tubiana : L’aide humanitaire est cruciale mais depuis le début du conflit, elle ne touche souvent que les personnes déplacées des grands camps, dans les zones
gouvernementales. Cette aide, qui s’était étendue aux zones rurales contrôlées par la rébellion et où de nombreux civils préféraient vivre, s’est de nouveau réduite suite à l’accord de paix d’Abuja
en mai 2006. Celui-ci a paradoxalement conduit à une intensification des affrontements, notamment entre mouvements rebelles, et l’insécurité qui a suivi, a amené les organisations d’aide à réduire
fortement leurs activités dans les zones rurales.
Pourtant, si l’aide est importante, elle n’est pas
partout indispensable à la survie des populations. En mars 2007, vous vous êtes rendu dans les montagnes d’Ain Siro, dans le Darfour Nord. Pourquoi ?
JT : Ain Siro est un petit massif montagneux au nord de la ville de Kutum. C’est un des premiers bastions de la rébellion. Quand on y arrive, l’endroit a quelque chose de très étonnant. Il
est encerclé de forces gouvernementales et de Janjawid, et pourtant il y règne une ambiance paisible assez extraordinaire. Les relations entre civils et rebelles ont l’air d’être particulièrement
bonnes, alors que c’est loin d’être le cas dans toutes les zones tenues par la rébellion. Les rebelles tentent de protéger les villages des attaques, et y parviennent dans une certaine mesure. A
Ain Siro, on voit même des anciens déplacés qui ont abandonné les camps, et l’aide humanitaire, pour revenir vivre sur leur terre.
Ain Siro nous montre donc que le Darfour ne se résume
pas aux images de massacres et de désolation qui inondent les écrans.
JT : L’aide humanitaire a quasiment cessé depuis mai 2006 et la population de cette région s’en passe. Elle cultive la terre, consomme des plantes sauvages. Elle trouve de l’eau
par elle-même en creusant des puits, a repris en main écoles et centres de soins laissés par les organisations humanitaires. Les enfants sont scolarisés. J’ai moi-même assisté à un moment assez
extraordinaire, la cérémonie de remise des diplômes de l’école d’Ain Siro à la fin de l’année scolaire. Tout le monde y assistait, rebelles et populations civiles confondus. A la fin de la
cérémonie, les rebelles ont organisé une parade militaire et les enfants ont joué une pièce de théâtre, une histoire d’amour. Vraiment des moments étonnants. On n’avait plus du tout l’impression
d’être dans le Darfour en guerre.
GALERIE PHOTOS "AIN SIRO"
Neuf photos du reportage de Jérôme Tubiana à Ain Siro en mars 2007 sélectionnées par XXI sont présentées en haute définition.
Cliquez sur les images pour les afficher en grand format.
Une journaliste britannique, Julie Flint, s'est également rendue dans la région. Elle en a tiré un article paru dans le Washingon Post en juin 2007. A lire ici. Julie Flint est également la co-auteur avec Alex De Waal de A short history of a long
war, publié en 2006 chez Zed Books.
BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR
Quatre séjours au Darfour depuis 2004 et un apprentissage ancien ont permis à Jérôme Tubiana de comprendre mieux que beaucoup la réalité du conflit. Il publie régulièrement ses reportages dans Géo
et Terre Sauvage. Il a été participé à un dossier consacré au Darfour pour la revue en ligne Mouvements.
Il travaille actuellement sur un livre carnet de route de ses différents séjours au Darfour.
Certaines des photographies de Marie-José et Joseph Tubiana présentées dans le diaporama sont également visibles dans deux ouvrages: Carnet de route au Dar For, Ed. Sépia, 2006, et
Femmes du Sahel, Ed. Sépia, 2004.
Pour faire connaître autour de vous le reportage de Jérôme Tubiana: Cliquez ici ou là.
Entre 2006 et 2007, Thomas Caplain et David Carzon ont consacré plus d'un an à ce sujet. Thomas vit lui-même à la campagne et David est très sensible à la
question. A Bouhy, une petite commune de la Nièvre, ils ont frappé à toutes les portes. Leur reportage photo n’a pas encore été publié. Ils se sont adressés par hasard à XXI. Nous
avons dit : "BANCO". (M.N).
INTERVIEW
David Carzon explique à XXI pourquoi ce sujet l’a passionné :
Pourquoi avoir décidé de réaliser ce reportage ?
Quel est l’avenir de ces jeunes ?
Que retenez-vous de ce travail ?
Qu’allez-vous faire de votre travail?
GALERIE PHOTOS « LES JEUNES A LA CAMPAGNE ».
XXI a sélectionné une dizaine de photos, présentées ci-après en haute définition. Thomas Caplain et David Carzon se préparent à publier un ouvrage sur les jeunes à la campagne.
Cliquez sur les images pour les afficher en grand format :
BIOGRAPHIE DES AUTEURS
Journalistes, Thomas Caplain et David Carzon, ont une longue habitude de travailler ensemble et ont consacré plusieurs reportages à l'islam de France, dans "20 minutes" et "Le Figaro Magazine"
notamment. Thomas Caplain est photographe indépendant. Son travail a été présenté à Perpignan, dans le cadre de "Visa pour l'image" et aux Rencontres d'Arles. David Carzon participe au journal "20
minutes" depuis le lancement du titre. Il a longtemps travaillé dans la presse régionale.
Pour faire connaître autour de vous le reportage de Thomas Caplain et David Carzon :Cliquez ici