Mardi 22 avril 2008

Le premier numéro de XXI a été un succès. Le second est sur la bonne pente.

Après trois jours de vente, XXI se trouve d’ores et déjà placé au huitième rang du palmarès Essais documents de Livres Hebdo pour la semaine dernière.

Que les lecteurs, les auteurs et tous ceux qui partagent cette aventure soient remerciés.


L.B et P.S-E
par XXI publié dans : La vie de XXI
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Lundi 21 avril 2008

Christophe Lassalle
est dessinateur. Il est parti début 2006 à deux reprises à Madagascar, pour animer des ateliers de dessin avec les enfants des rues de Tananarive. L'association "Graines de bitumes" prend en charge environ 200 enfants, entre 5 et 16 ans, les scolarise et coordonne des ateliers pédagique. Carnets de dessins de cette expérience.


DIAPORAMA


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BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Moitié illustrateur, moitié éléctricien Christophe Lassalle a animé des ateliers de dessins avec les enfants et a résumé cette expérience en dessin.  Il expose parfois dans les cafés à Paris et espère pouvoir un jour publier son travail.


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Vendredi 18 avril 2008

A l’heure où la Moselle est confrontée à la fermeture partielle de l’usine ArcelorMittal de Gandrange, nous avons demandé à Pierre Roeder, responsable des reportages au Républicain Lorrain de réagir à l’enquête (parue dans le numéro 2 de XXI) de Sylvie Caster sur la délocalisation en Tunisie de l’usine Jallatte de Saint-Hippolyte-du-Fort.




INTERVIEW


Une première réaction à la lecture des Orphelins de Saint-Hippolyte, de Sylvie Caster ?

Pierre Roeder
: Une familiarité avec ce que les gens vivent ou ont vécu à Gandrange. Le souvenir d’une entreprise qui s’occupe de vous, une figure forte : la figure du patron. Mais cette figure a disparu depuis longtemps dans l’industrie sidérurgique. On se souvient encore un peu de la famille Wendel, à la fois inaccessible et proche. Aujourd’hui, le patron est désincarné, tout comme à Saint-Hippolyte depuis la mort de Pierre Jallatte.

Aujourd’hui, Lashki Mittal, le grand patron de l'usine qu’il a rachetée à Arcelor en 1998, est connu de tous, en même temps qu’il est complètement absent. C’est un leadership virtuel. Il n’est venu qu’une fois, au moment du rachat.



Comment s’est déroulé le rachat de l’usine ?

Pierre Roeder : A l’époque, les syndicats, et notamment la CGT y étaient plutôt favorables. Le groupe Mittal était fort et puissant. Il rachetait l’usine pour 1 franc symbolique et promettait des investissements. Les gens y ont cru. L’incompréhension n’en est que plus forte. Finalement, les ouvriers de Gandrange se sont rendus à l’évidence : Gandrange était le cheval de Troie permettant à Mittal de s’installer au sein du groupe Arcelor, racheté en 2006. Au final, aucun investissement n’a été réalisé. Aujourd’hui, l’usine perd de l’argent, le personnel récemment embauché a été insuffisamment formé. Il y a une mécanique froide dans la décision de Mittal.



L’importance de la fermeture partielle de Gandrange revêt-elle la même importance que celle de l’usine Jallatte ?

Pierre Roeder : Cela fait des décennies que la sidérurgie lorraine est entrée dans une phase de crise et de transformations profondes. C’est une industrie en voie de disparition et en cela, la fermeture de Gandrange, c’est plutôt la queue de la comète. Mais pour autant, dans cette ville de 2500 habitants, l’usine est incontournable, on la voit, on la sent. Comme les Cigalois, les Lorrains ont vécu dans un schéma familial qui faisait des fils d’ouvriers des futurs sidérurgistes. Bien sûr, ça n’était pas systématique et les enfants ont eu tendance à s’éloigner de l’usine. Mais il y avait une certaine garantie d’emploi.

Les ouvriers ne comprennent pas pourquoi ça ne marche pas. ArcelorMittal fait des bénéfices faramineux (NDLR : plus de 10 milliards de dollars en 2007). La Sarre voisine est un point fort de la sidérurgie, y compris pour le groupe indien. Les ouvriers de Gandrange connaissent leur métier, l’usine fonctionne. Tout cela rend les orientations stratégiques difficiles à saisir. Le monde de la sidérurgie est concret, le travail est celui de la matière. Sa rencontre avec l’économie globale et désincarnée est douloureuse. Le sentiment pour les ouvriers du cuir de Jallatte a dû être comparable.



Comment va se traduire la fermeture de Gandrange ?


Pierre Roeder : Mittal a annoncé 600 pertes d’emplois, dont 150 départs en retraite, 150 réaffectations au Luxembourg et pour le reste, des mutations aux hauts-fourneaux de Florange, à 8km de Gandrange. Et les pertes sont du même ordre au sein des sous-traitants, des intérimaires. Pour autant, et au-delà des situations individuelles, je ne crois pas que la fermeture soit une catastrophe pour la région. Si la Moselle tient debout, ce n’est plus par la sidérurgie. 60000 Lorrains vont travailler tous les jours au Luxembourg, le bassin d’emploi s’est profondément diversifié. Sans doute davantage qu’à Saint-Hippolyte.

Bien sûr, dans la ville elle-même, la situation des petits commerces après la fermeture prévue pour 2009 va être difficile: les buralistes, la boulangerie, le bistrot… Et l’avenir de Florange est incertain, puisque le maintien de l’activité du site après 2012 est questionné par les dirigeants de Mittal eux-mêmes. Les gens n’ont plus confiance. Evidemment, quand la figure du patron est incarnée, ça n’est pas la même chose. Ici, le directeur de l’usine n’est responsable de rien, il répond à Mittal France, qui répond à Mittal Monde. Lorsque les ouvriers ont saccagé son bureau, le geste était surtout symbolique, mais sa portée était nulle.



Le reportage de Sylvie Caster se termine sur la citation d’une ancienne adjointe au maire de Saint-Hippolyte qui explique qu’il faut préparer l’après-Jallatte. Quelle est l’attitude de la classe politique mosellane ?

Pierre Roeder : Les pouvoirs publics font surtout part de leur impuissance. Et peu de personnages politiques locaux ont la franchise de tenir ce type de discours sur l’avenir de la sidérurgie. Mais Nicolas Sarkozy est venu ; il a tenu un discours de syndicaliste, extrêmement volontariste, et a suscité des espoirs inconsidérés. Au mieux, les prises de parole font état de l’énergie et des initiatives économiques nouvelles qui animent la Lorraine. Le capitalisme social, familial et paternaliste, celui de Pierre Jallatte est derrière nous. Il n’y a plus de patrons emblématiques, plus de photo accrochée aux murs de l’usine, pas de culte. Souvenons-nous de Bataville par exemple : les activités du chausseur mosellan ont entièrement cessé en 1991, après 70 ans d’activités. C’est aussi ce qui se passe pour mon journal, le Républicain Lorrain : une longue histoire familiale récemment rachetée par une banque…



Propos recueillis par M.N.


Retrouvez "Les orphelins de Saint-Hippolyte" dans le numéro 2 de XXI.


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Jeudi 10 avril 2008

Editorial


Voilà le numéro 2 de XXI. Et déjà tout est différent. Parce que vous êtes là. Vous avez été plus de quarante-cinq mille à acheter le premier numéro et à le recommander autour de vous. Le bouche à oreille a été notre meilleur relais. Merci à vous.

Beaucoup d’entre vous se sont d’abord rendus dans les kiosques, où XXI n’était pas en vente. Certains ont harcelé leur maison de la presse ou leur libraire de quartier pour qu’ils s’approvisionnent. Notre boîte aux lettres et nos boîtes mails ont débordé de vos messages, de vos réactions et de vos enthousiasmes. Vous êtes étonnants : le même jour, nous avons reçu un bulletin d’abonnement d’une jeune fille de 19 ans et celui d’un retraité de 75 ans. Merci à vous.
XXI
n’aurait pu exister sans la mobilisation d’une multitude d’énergies individuelles, qui se sont ajoutées et multipliées, des auteurs et des illustrateurs jusqu’aux libraires… Tous ont cru à cet ovni éditorial, dont ils ont souvent été les premiers lecteurs. Ce n’était pas évident, tant l’époque conduit à toujours plus de zapping, de people, d’écume. Les libraires ont su nous accompagner à contre-courant. Merci à eux.

Oui, tout est différent.

Vous nous offrez une chance rare. Nous avons dessiné un journal, vous l’avez fait vôtre. Grâce à vous, l’horizon de XXI s’élargit. Ceux qui ont eu la chance de voyager dans le grand Nord ont déjà vécu cette expérience. Avec la transparence de l’air, l’œil perçoit soudain des montagnes éloignées et les couleurs sont accrues. Voilà ce que nous ressentons : votre présence nous permet de voir plus loin.

Tout reste à inventer et à construire ensemble. Ce numéro de printemps explore des champs nouveaux, comme l’économie, la science ou les idées. Sur une carte du monde, nous pourrions piquer une trentaine de têtes d’épingle pour symboliser les lieux où les auteurs de XXI se sont rendus pour vous.

Le journalisme n’est pas une affaire de kilomètres, plutôt de regard et de curiosité. Marcel Mochet est allé au bout du quai ; il a embarqué pendant des mois sur les chalutiers de haute mer et ses photos gravent en nous la réalité humaine du métier de pêcheur.

Pour entraîner le lecteur avec soi, il faut trouver le fil. En déroulant la saga de la maison Picchetti et Fils, Ariane Chemin raconte la Corse avec ce sens du détail juste qui fait les vrais reportages. Maria Malagardis a choisi de nous faire entrer dans la vie de ceux qui pistent les tueurs rwandais et aussitôt le génocide tutsi prend chair. En évoquant Cuba à travers l’affrontement d’un père et d’un fils, Jacques et Pierre Ferrandez restituent la vérité d’une île, par le dessin, les choses vues et les dialogues. La force du réel est impressionnante.

Envoyé spécial en Afrique pendant vingt ans, le grand reporter polonais Ryszard Kapuscinski affirmait que le journalisme devait «construire une image globale à partir de détails». Il expliquait : «Parfois en décrivant ce que je fais, j’ai recours à l’expression latine “silva rerum”, une “forêt de choses”. C’est mon univers, une forêt de choses, et je vis en voyageant dedans. Pour comprendre le monde, il faut le pénétrer aussi profondément que possible.»

Bienvenue dans la forêt de choses de ce numéro 2.


Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry



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Mardi 8 avril 2008

L'appel à candidature pour la 15ème édition du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre est désormais ouvert jusqu'au 6 juin prochain. Les reportages radio, photo, télévision et presse écrite doivent être réalisés entre le 1er juin 2007 et le 31 mai 2008, et concourent respectivement pour une dotation de 7600 €.

Pour accéder aux conditions de participation, cliquez ici.

XXI est partenaire du Prix Bayeux-Calvados.

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Lundi 7 avril 2008

Benjamin Béchet
est photographe. En mars 2007, il s'est rendu au Mozambique pour rendre compte de la situation des déplacés du fleuve Zambèze, affectés par les inondations.



DIAPORAMA

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Début février 2007, suite à des pluies torrentielles, d'importantes inondations ont ravagé les bords du Zambèze. Les barrages situés sur le fleuve ne purent plus maîtriser l'important volume d'eau. Près de 71 000 personnes ont alors trouvé refuge dans des centres d'accueil et 50 000 autres dans des zones de transit. MSF a apporté des secours à la population affectée dans différents districts des provinces de Zambezia et de Tete afin de garantir les conditions minimales de santé et d'hygiène et de détecter la présence de maladies, et d'épidémies.



BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR


Benjamin Béchet est photographe. Il a collaboré entre autres avec Le Monde 2, Libération, L'Express, Le Nouvel Obs, Le Temps (Genève), Afisha (Moscou). Ses collaborations avec des ONG et des organisations internationales lui permettent d'exprimer avec force son point de vue. Ses projets ont été projetés entre autres à Visa pour l'Image. Ses photographies peuvent être vues sur le site du collectif Odessa et sur Picture Tank.
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