Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /2008 17:42

Quintin Leeds et
Sara Deux, directeurs artistiques du Monde, ont imaginé la maquette de XXI. Avec la volonté de sortir des sentiers battus, expliquent-ils.




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Une page de XXI : le choix de Quintin Leeds et Sara Deux (.jpg)



INTERVIEW


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  Pourquoi vous êtes-vous lancés dans XXI ?


Sara Deux : Le projet nous a tout de suite enthousiasmé. Il offrait la possibilité de matérialiser, d’inventer un magazine de caractère au sein duquel les personnalités de tous et de chacun pouvaient s’affirmer.

Quintin Leeds : Nous nous sommes dit que XXI était vraiment différent de tout ce nous avions fait jusqu'à présent. Quand le projet m'a été présenté, il m'a fait penser dans son contenu à Granta, une revue britannique que j'aime bien, qui propose de longs récits à la façon d'un livre. La grande originalité de XXI est de pouvoir développer un univers graphique plus élaboré, ce qui place cet objet dans un territoire rarement exploré en France.

Sara Deux : Il s’agissait d’abord d’un plaisir de lecteurs : de longs textes, des illustrations, des récits graphiques. L’envie était forte de changer nos habitudes, de prendre le contre-pied de ce qui se fait dans la presse. L’arrivée de XXI sur la scène journalistique nous parait importante. Ce journal transgresse des codes bien ancrés dans notre profession.
 
 
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Comment s’est organisé votre travail avec les dessinateurs ?


Quintin Leeds : Dès le début, XXI nous a été présenté comme devant être illustré davantage par le dessin que par la photo. Celle-ci pouvait être présente sous la forme de reportage mais pas en tant qu'illustration. Ce choix nous a paru particulièrement intéressant et même audacieux à une époque où toute actualité se doit d'avoir sa vidéo ou sa photo.
 
Sara Deux : Nous avons beaucoup discuté avec Patrick de Saint-Exupéry et Laurent Beccaria pour nous imprégner du concept, trouver un équilibre délicat entre « livre » et « magazine » et dégager un ton propre au thème traité. L’espace et le temps étaient donnés aux illustrateurs pour dépasser les sujets et donner leurs visions personnelles. Il s’agissait de créer une famille rédacteurs-illustrateurs et d’illustrer par la variété des genres la diversité des regards présents dans les papiers.
 
Quintin Leeds : Jamais, jusqu’ici, nous n’avions eu à passer des commandes à une douzaine d’illustrateurs. De façon inattendue, nous sommes retrouvés confrontés à de nouvelles questions, celle de la cohérence des traits, de la diversité des styles : il est rare que l’on doive ce poser la question du rythme dans l’illustration. Il a fallu se dire : «Nous allons choisir tel illustrateur, et puis tel autre, ils vont bien aller ensemble, puis seront suffisamment différents de ce qui vient après.» Nous avons beaucoup tergiversé pour le dossier Russie, notamment. Devait-on confier toutes les illustrations au dessinateur de l’ouverture et de la couverture, Beb-Deum? Les traits devaient-ils être similaires ou différents? Comment créer une cohérence graphique sur le dossier, qui se détache du reste?
 
 
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Pourquoi ce choix du format, du colonnage ?

 
Sara Deux : Nous avons voulu créer un objet qu’on garde. L’idée de la couverture à l’italienne ramène et intègre XXI au monde du livre. La revue prend, sur  l’étagère de la librairie, la place de deux livres côte à côte. Nous ne voulions ni être formaté comme des magazines, ni comme des livres. Le format en longueur permettait de se démarquer et de dynamiser l’objet. La verticalité compensée par l’horizontalité de la Une créait une vision
spatiale intéressante. L’idée est de coller à la dichotomie Magazine-Livre, d’en faire une différence, une marque de fabrique.
 
Quintin Leeds : La maquette de XXI propose plusieurs rythmes de lecture, à quoi répondent des choix de caractères et de colonnages différents. Ainsi, les pages « Actualité » se lisent à la façon de la presse quotidienne ou hebdomadaire traditionnelle : la taille des caractères est plus petite, les textes sont plus courts et se lisent rapidement. Les articles plus longs nécessitent un plus grand confort de lecture. On retrouve des tailles de caractères similaires à ceux d'un livre. Concernant les titres, nous avons joué sur la largeur et la proximité des lettres, du "gras" et de l'"étroit",  pour créer une identité forte propre à XXI. Ce principe graphique a ensuite été décliné au fil des pages.
 
 
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Comment avez-vous fait le choix du logo ?

 

Quintin Leeds
: Ecrit en chiffres romains, c’est davantage un logo qu’un titre de magazine : il est énigmatique, mais il fonctionne visuellement. En librairie, les impératifs de lisibilité sont plus souples qu’en kiosque. Le "I" de XXI est en pleine lumière, le "XX" dans la pénombre. Un jeu de lumière qui symbolise ce que veut faire ce magazine : observer ce nouveau siècle que se dévoile.
 

Propos recueillis par M.N.



BIOGRAPHIE

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Quintin Leeds est graphiste et directeur artistique du Monde depuis 2005 après avoir occupé cette même fonction à Libération et dans plusieurs magazines et site Internet.

Sara Deux est graphiste et directrice artistique adjointe du Monde. Elle a travaillé à Libération et a été directrice artistique à Sciences et Vie Découvertes.



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Publié dans : La vie de XXI - Par XXI
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