Jeudi 8 janvier 2009
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Editorial
Avec ce numéro de janvier,
XXI fête sa première année. C’est un cap important : moins d’un tiers des revues et des magazines existent encore un an après leur lancement. Le pari était osé :
offrir le meilleur du journalisme, prendre le temps de ciseler des enquêtes, vivre du seul soutien des lecteurs, sans publicité.
A l’heure du bilan, plus de 140.000 exemplaires de
XXI ont déjà été vendus. La livraison d’automne, Destins d’Afrique a été réimprimée, comme l’avait été notre premier numéro Russie : le
dollar ou le marteau. Le coffret de fin d’année, rassemblant les quatre volumes, est un succès. Au final, la diffusion moyenne s’établit à 35.000 exemplaires dont 2.000 abonnements. Le pari est
réussi.
Cette aventure tranche avec les diktats du moment. Elle est riche d’enseignements. Un premier constat : même s’il n’est pas ce consommateur décrit par les régies publicitaires avec sa «
segmentation socioprofessionnelle », ses « attentes », ses « désirs » et sa « consommation d’infos », le lecteur existe. Nous discutons avec vous, nous vous écoutons, nous lisons vos courriers et
courriels… Aucune règle ne se dégage : hommes et femmes, étudiants comme retraités, sans études et surdiplômés, membres d’un vélo-club de l’Ain comme les professeurs de l’Université de Washington,
expatriés, francophones… Vous êtes passionnés, critiques, picoreurs, curieux, monomaniaques, généreux, sensibles. A chacun son caractère, son histoire, sa raison de nous lire.
XXI est une
drôle d’aventure pour des lecteurs singuliers. Et cela nous va bien comme ça.
Deuxième enseignement, un journal est une histoire qui s’écrit ensemble. L’amitié, la confiance et la fidélité ne se décrètent pas, elles se construisent. Dans la vie comme sur papier, pour trouver
du plaisir à se voir, il faut avoir quelque chose à se dire. La légitimité d’un titre se conquiert à chaque parution. C’est notre rendez-vous avec vous. Nous avons encore beaucoup à explorer, à
inventer. Mais déjà un pacte de liberté nous lie : la vente d’un numéro de
XXI est réinvestie dans la création du numéro suivant. C’est le prix de notre échange, le gage de notre
indépendance. Nous n’avons de comptes à rendre qu’à vous.
Troisième sentiment: mieux vaut porter au paroxysme ce que l’on sait faire plutôt que courir derrière des chimères. Beaucoup de rédactions misent leur avenir sur le multimédia. Comme s’il suffisait
d’équiper les reporters d’une caméra-téléphone-micro dernière génération et d’un clavier high-tech, pour que ces nouveaux Shiva à cent bras alimentant à jets continu des « consommateurs d’info »
rivés à leurs écrans. Illusion : les meilleurs outils du monde ne remplaceront jamais un regard, ni le temps pris à rencontrer les protagonistes d’une histoire, ni la patience de vérifier. Il faut
des années pour apprivoiser les émotions humaines. Encore plus pour les restituer avec vérité. Ce talent est un travail. Il est rare et précieux.
Le reportage à la pointe sensible de Sylvie Caster sur les patients du Docteur Maure serait-il plus fort avec trois vidéos et une cinquantaine de liens Internet ? Dans quel « module multimédia »
rentreraient les images de Balazs Gardi sur la vallée la plus dangereuse du monde ? L’impressionnante enquête de Jean-Pierre Perrin sur Arkadi Gaydamak, le seigneur de la guerre au cœur du pouvoir
français avait-elle besoin de son et d’images? Nous ne le pensons pas. Il est des récits qui se lisent mieux en silence, le cœur tranquille, dans leur écrin de papier. Cela tombe bien : ils sont
dans
XXI.
Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry
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Mais son format à l'italienne m'avait fait croire que le contenu se lisait dans le sens de la longueur. Déplaisant... Alors, je n'avais même pas pas feuilleté.
On est si bête quelquefois.
Mais il existe des deuxièmes chances (c'est grâce à A_F) et donc des jours où l'on est plus téméraire que d'autres.
Mais quelques mois plus tard, toujours dans la même librairie, au même endroit, me voici a finalement la feuilleter, cette fameuse revue. Et découvrir alors que oui, cela se lit bien dans le sens de la hauteur.
Tout est beau là-dedans, d'abord la forme, le grain du papier, son odeur, les illustrations.
Et puis le fond. Quelque chose de précieux.
Mais comment ai-je pu rater un truc pareil ?
Alors rentré chez-moi, ce trésor dans mon cabas, recherche sur internet, où j'apprends, sur ce blog, qu'il existe un beau coffret : les 4 numéros précédents.
Alors forcément, mon sang ne fait qu'un tour. Retourne illico presto chez mon sympathique libraire et lui commande ledit coffret.
Mon dieu ce que cela fait plaisir de voir que de telles choses existent et qu'elles ont pu rencontrer leur public. Indépendant puisque pas de publicité.
Magnifique !
Merci
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Alors comme ça, vous aussi, vous cédez à cette faute très tendance du mauvais usage de l'accent circonflexe. Vous confondez "tâche", travail à accomplir, et "tache", saleté.
Dans XXI n°5, on trouve :
p. 36, 2ème col., 7ème ligne en partant du bas : "Un tissu tâché de sang."
p. 67, 2ème col., 9ème ligne : "Ma femme avait une tâche marron sur la jambe."
p. 68, 1ère col., 19ème ligne en partant du bas : "Une personne totalement incompétente qui lui a fait une piqûre dans sa tâche."
Et, pendant que j'y suis, à la même page, 2ème col., 17ème ligne en partant du bas : "Hé bien…" au lieu de "Eh bien".
Il faudrait que l'auteur de l'article arrête de faire confiance au correcteur automatique de son traitement de texte et que XXI demande à son correcteur de relire les textes autrement qu'en mode automatique.
A part cela, encore un numéo passionnant de bout en bout. Merci à tous (sauf au correcteur).
C'est le diktat du tout multimédia que nous refusons. Il existe des reportages ou des auteurs qui sont meilleurs en documentaires, en photoreportage, en BD ou en pure écriture. XXI est un espace ouvert pour eux. Nous pensons que les usages du numérique et du net vont se modifier. Mais qu'il faut d'abord pousser au paroxysme son savoir faire au lieu de niveler le tout.
Mais le débat est ouvert. Celui qui a la réponse de notre futur n'a pas encore levé le doigt!
Féliciataions !
Toutefois je trouve votre vision d'internet réductrice, la preuve selon moi d'une méconnaissance des choses formidables que l'on y trouve ainsi que de ses pratiques. Pour exemple, le site de Géo est très bien fait et l'idée de webreportage très bonne. Que dire des blogs tels que celui de Tristan Mendès France "Blogtrotters" et tant d'autres. Ah non décidemment pour le coup je ne suis pas d'accord avec vous !
Qui aurai cru qu'un jour je cocherai sur mon agenda les dates de sorties d'un journal comme des rendez-vous? Tous les magazines sont pareils. XXI c'est autre chose. La vie. La beauté des images. L'émotion. Cela fait tellement de bien!!!!!!
Je suis infirmière. Je n'ai pas fait de longues études. XXI me nourrit.
J'ai encore en mémoire tous les articles que j'ai lus. Ils vivent avec moi. On parle de l'Ukraine et du gaz, et hop je pense à M.Philipenko et son sous-marin et à Poutine maniant son "marteau sur la pointe". Je découvre l'affaire Mandoff et tout de suite je revois le reportage sur la charity business à New York, que j'avais lu incrédule au printemps dernier. Je comprends mieux à quoi servait cette comédie aujourd'hui!
Je pourrai écrire des pages, mais vous lire c'est mieux!!!
Comme je le dis à mes amis de l'hôpital, et parfois aux patients qui trouvent le temps long: XXI est un cadeau tombé du ciel. J'y mets l'entrain d'une chanson d'Higelin et je leur prête et ça marche !
Surtout ne changez rien. Restez un miracle. Etonnez-nous, encore, encore, encore. Restez vivants.
Une lectrice de 20 ans qui a découvert "son" journal en fouinant à la librairie Ombres blanches à Toulouse, en mai dernier et qui n'en revient toujours pas...
J'ai feuilleté sur son présentoir le nouveau XXI.
Et, par hasard, cet article de Sylvie Caster.
Une sensation distincte et vivide à la lecture - rarement vue ces derniers temps.
Ressentir profondément une drôle et forte émotion.
Effectivement seul un article au long-cours peut procurer cela.
Merci d'écrire des articles qui fait sens, et qui portent loin un message, perçant le brouillard.
Une tâche indispensable que vous réalisez avec finesse et intelligence.
Et au passage, peut-être serait-il temps de changer la pub "sortie du n°2" et son sommaire sur l'accueil ?
Continuez !