Le blogde21 s'associe avec Arte Radio, une référence en matière de création sonore, créée en 2002.
La radio web d'Arte propose des centaines de reportages, documentaires et créations inédits à écouter en ligne ou à télécharger librement. Ses auteurs travaillent sans format ni commentaires, à l'écoute du monde et des vies qu'on y mène.
Deux fois par mois, XXI vous fera entendre une de ces créations sonores.
La première, Les 10.000 portes. Hauts et bas d'une très grande bibliothèque, est signée Laure Bollinger et Elise Picon, deux artistes plasticiennes, qui ont réussi à se glisser dans les coulisses de la Bibliothèque Nationale de France François-Mitterrand. Un temple du livre à l'architecture imposante... mais aussi un dédale kafkaïen, aux dimensions inhumaines.
Laura Bollinger travaille à mi –temps à la BNF depuis 2007. « Le bâtiment , l'esplanade, m'avaient toujours impressionnée, sans trop savoir quoi en penser. Puis, l'immersion m'a complètement ahurie. J'y étais perdue , y découvrant l'aspect "usine".Le contraste entre ce que représentait la BNF, l'essence même de la culture, et ce que j'y faisais (passer les livres sous des codes barre) me troublait.Comme le dit l’un des protagoniste, le livre était vidé de son contenu. »
A l’époque, Elise Picon fait des portraits d’habitants du 13 ème arrondissement. L’étrangeté des lieux la fascine.
Les jeunes femmes décident de croiser leur regard ( intérieur/extérieur). Il leur faut six mois pour obtenir l’autorisation de la BNF, qui leur accorde cinq jours de prise de son. Accompagnées du réalisateur Samuel Hirsch, elles font parler le personnel, souvent privé de repères et de lumière, et entendre les pas, les chuchotements de la bibliothèque aux 10.000 portes.
Laure Bollinger est
artiste plasticiènne. Elle a fait l’ecole Nationale d’art de Paris-Cergy où elle utilise surtout la photographie, puis s'ouvre peu à peu à d’autres supports. Vidéo, objet-livre, enfin le
son. Que se soit à travers Les 10 000 portes ou d’autres pieces (Rubikube, Hems , Ville nouvelle, maman), Laure Bollinger aime organiser sa dispersion, sa déambulation, comme une sorte
de “désorientation organisée”.