Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 00:00

 

Editorial


Il y a des auteurs qui ne manquent pas d’énergie.

 

Il en faut pour avoir la curiosité d’enquêter de l’autre côté du monde, au cœur du Pacifique ou sur une île inconnue au milieu du plus grand lac d’Afrique, quand les projecteurs médiatiques sont braqués ailleurs. Les trois auteurs de ce dossier, Fabienne Lips-Dumas, Vincent Munié et Luc Folliet, ont eu cette énergie.

Il en faut pour se faire accepter par une secte mormone et en rapporter des images inédites. Stéphanie Sinclair a réussi ce tour de force. 

Il en faut pour passer au-delà des images rebattues, des kilomètres de pellicules et des forêts d’articles sur la banlieue ou les SDF et aller voir et se laisser atteindre. Sylvie Caster et Maximilien Le Roy ont ciselé deux superbes récits sur un fil, qui justement ne ressemblent à rien de connu. 

Il en faut pour briser le « mur du silence » construit par Antoinette Fouque, une redoutable femme d’influence, comme seul le milieu intellectuel français sait en fabriquer. Pied à pied, Juliette Joste a enquêté sur la prêtresse du féminisme.

Il en faut pour changer d’existence à 50 ans, abandonner un emploi à vie et se lancer dans des reportages au long cours. Anne Brunswic a tourné cette page.

Il en faut pour troquer son stage de fin d’études de journalisme contre un reportage au Zimbabwe, un pays « au-dessous du radar » de l’actualité et en revenir avec une moisson de choses vues. Sophie Bouillon a eu ce cran et reçu le célèbre prix Albert-Londres, à 25 ans, pour son reportage publié l’automne dernier.

Il en faut pour dénicher un homme de bien dans la démesure de Lagos, l’une des plus grandes mégapoles du monde. Marc Perelman, un journaliste indépendant, n’a pas hésité.

Il en faut pour dénicher les « Don Camillo et Peppone » espagnols, dans un pays passé en quelques mois d’une croissance insolente à une dépression vertigineuse. Bertrand de la Grange a rencontré et écouté Paco l’Egoutier.

Il en faut pour photographier pendant trois ans « les Français à table ». Pour ce reportage publié dans XXI, Stéphanie Lacombe a reçu le prix Niépce, la récompense la plus prestigieuse pour un photographe en France. Elle rejoint au palmarès Robert Doisneau, Jeanloup Sieff et tant d’autres.

Un journal, c’est une porte ouverte. XXI a été créé pour ça : dire « oui », offrir sa chance à tous ceux qui ont de l’énergie, du courage, des idées et du talent, sans regarder leur curriculum vitae ni leur date de naissance.


Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

 

N.B. : Ce numéro est dédié à deux lecteurs de 15 et 20 ans. Le premier n’est pas un foudre de guerre au lycée, mais ne lâche jamais son trimestriel favori, au point que ses parents sont obligés de lui répéter cette injonction qui nous réjouit : « Travaille au lieu de lire XXI ! » Le second passera ses examens au moment où ce numéro sortira de l’imprimerie. Il a fait du baby-sitting pour payer son abonnement et acheter un billet de train pour nous rendre visite. Les lecteurs aussi ont de l’énergie !

- Par XXI
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