Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 14:48

Dans un article publié hier sur Le Point.fr et titré: “Affaire philipe de Dieuleveult, la thèse du meurtre fragilisée”, la Brigade Criminelle revient sur une enquête publiée dans le numéro 4 de XXI ( automne 2008). Réaction d’Anna Miquel, auteur de “Philippe de Dieuleveult, les crocodiles du Zaïre”.


Illustration: Jean Lecointre


J’ai remis il y a quelques semaines à la Brigade Criminelle de Paris, deux documents liés à mon enquête sur la disparition de Philippe de Dieuleveult et de ses compagnons au Zaïre en août 1985.


Aujourd’hui et après expertise, la Brigade Criminelle affirme que la signature sur le procès verbal de l’audition de Philippe de Dieuleveult est fausse. Elle aurait été “scannée, puis rehaussée à l’encre”.


Je prends acte de cette conclusion, mais tiens à remarquer que la Brigade Criminelle n’a pas communiqué sur les conclusions de l’expertise du second document qui lui a été transmis.


Par ailleurs, je me demande pourquoi la Brigade Criminelle insiste (ne peut-elle se suffire de l’expertise qui dit que c’est un faux ?) sur des “incohérences” figurant dans le PV d’audition qui lui a été transmis. Celles-ci, selon les enquêteurs, seraient au nombre de deux: Philippe de Dieuleveult affirme avoir été au Tchad alors que pour la Criminelle il n’y serait pas allé; il mentionne avoir trois enfants alors que sa femme, précisent les enquêteurs, n’a pas encore accouché de ce troisième enfant.


Contrairement, à ce qui est affirmé par les policiers, ces deux points sont parfaitement cohérents. Plusieurs témoignages, ainsi que des éléments de son autobiographie, précisent que Philippe de Dieuleveult s’est bien rendu au Tchad. Quant au troisième enfant à venir, il existait pour l’animateur de la chasse au Trésor qui venait de faire un aller-retour sur Paris, pensant assister à la naissance.


Enfin, ce PV d’audition n’est que l’un des éléments recueillis tout au long de mon enquête, appuyée sur de nombreux témoignages et plusieurs pièces. Le récent travail de la brigade criminelle, qui ne s’est jamais rendue sur place, infirme une pièce d’un puzzle qui demande toujours à être reconstitué.

En août 1985, le frère de l’animateur, Jean de Dieuleveult, avait exigé que soit réalisée une autopsie du corps rapatrié en France par les autorités. Les services officiels français affirmaient alors qu’il s’agissait de la dépouille de Philippe de Dieuleveult mort par noyade. L’autopsie a été formelle: “C’était le corps d’un noir”.
 

Anna Miquel


A lire:

"Dieuleveult, les doutes", dans Valeurs actuelles.

Le blog de Colette Braeckman



Publié dans : A signaler - Par XXI
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