Le 27 octobre, la justice française a condamné Arkadi Gaydamak à 6 ans de prison ferme dans le cadre de l’affaire de l’Angolagate. L’homme d’affaire russo-israëlien n’était pas à son procès. Neuf mois plus tôt, Jean-Pierre Perrin publiait dans le numéro 5 de XXI « Le Seigneur de la guerre Français». Un portrait-enquête très fouillé de cet homme aujourd’hui au coeur d’une affaire d’Etat qui a valu à Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur, une condamnation à un an ferme de prison.
©Aleksi Cavaillez pour XXI
Arkadi Gaydamak a plusieurs vies. Elles auraient inspiré le personnage du trafiquant d’armes incarné par Nicolas Cage dans Lord of War. De l’ascension à la condamnation annoncée, c’est tout le roman noir du « Seigneur de la guerre » que raconte en détails Jean-Pierre Perrin.
L’enquête commence dans un restaurant d’Abou Ghosh, paisible ville arabe aux portes de Jérusalem. Arkadi Gaydamak est en train de déjeuner. Il est en campagne pour conquérir la première ville d’Israël. Sous le coup de deux mandats d’Interpol, il ne peut plus aller en France. Il est l’un des quarante-deux prévenus du procès de l’Angolagate, où il doit répondre de « commerce illicite d’armes et de munitions, blanchiment d’argent, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux, abus de confiance, fraude fiscale… » Il déclare déjà que ne voulant pas être arrêté, il ne viendra pas au procès.
Avant de briguer la mairie de Jérusalem, Arkadi Gaydamak a travaillé pour la DST. Il a été décoré par Chirac et Pasqua. Il a aussi monté un business de traduction avec le fils de Serge Dassault. Et pillé les arsenaux russes et le Trésor anglais... Mais sa chute est aussi prévisible que sa montée en puissance était spectaculaire.
Actuellement à Moscou, Arkadi Gaydamak compte faire appel. Il est peu probable qu'il retourne en Israël, lié à la
France par un traité d'extradition.
Léna Mauger