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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 16:08


Le 27 octobre, la justice française a condamné Arkadi Gaydamak à 6 ans de prison ferme dans le cadre de l’affaire de l’Angolagate. L’homme d’affaire russo-israëlien n’était pas à son procès. Neuf mois plus tôt, Jean-Pierre Perrin publiait dans le numéro 5 de XXI « Le Seigneur de la guerre Français». Un portrait-enquête très fouillé de cet homme aujourd’hui au coeur d’une affaire d’Etat qui a valu à Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur, une condamnation à un an ferme de prison.

 


  ©Aleksi Cavaillez pour XXI

 

Arkadi Gaydamak a plusieurs vies. Elles auraient inspiré le personnage du trafiquant d’armes incarné par Nicolas Cage dans Lord of War. De l’ascension à la condamnation annoncée, c’est tout le roman noir du « Seigneur de la guerre » que raconte en détails Jean-Pierre Perrin.


L’enquête commence dans un restaurant d’Abou Ghosh, paisible ville arabe aux portes de Jérusalem. Arkadi Gaydamak est en train de déjeuner. Il est en campagne pour conquérir la première ville d’Israël. Sous le coup de deux mandats d’Interpol, il ne peut plus aller en France. Il est l’un des quarante-deux prévenus du procès de l’Angolagate, où il doit répondre de « commerce illicite d’armes et de munitions, blanchiment d’argent, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux, abus de confiance, fraude fiscale… »  Il déclare déjà que ne voulant pas être arrêté, il ne viendra pas au procès.

 

Avant de briguer la mairie de Jérusalem, Arkadi Gaydamak a travaillé pour la DST. Il a été décoré par Chirac et Pasqua. Il a aussi monté un business de traduction avec le fils de Serge Dassault. Et pillé les arsenaux russes et le Trésor anglais... Mais sa chute est aussi prévisible que sa montée en puissance était spectaculaire.

 

Actuellement à Moscou, Arkadi Gaydamak compte faire appel. Il est  peu probable qu'il retourne en Israël, lié à la France par un traité d'extradition.

 

Léna Mauger

 

 

 

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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /2009 15:16


Ted, 77 ans, le dernier des neufs frères et soeurs Kennedy, n'est plus. « Edward M. Kennedy - le mari, le père, le grand-père, le frère et l'oncle que nous aimions tant- est mort tard mardi soir chez lui à Hyannis Port», dans l'Etat du Massachusetts, son fief, a annoncé aujourd’hui sa famille dans un communiqué. Le sénateur démocrate, élu pour la première fois en 1962, était atteint d’une tumeur du cerveau.


Né le 22 février 1932 à Boston, il était le troisième des frères Kennedy à s'être illustré par son parcours politique, après John, président des Etats-Unis assassiné en 1963, et Robert, assassiné en juin 1968, durant la campagne présidentielle. Fervent soutien de Barack Obama, le frère de JFK avait fait de la santé et de l'éducation ses chevaux de bataille. Il présidait également la commission de la Santé au Sénat.


Sa disparition fait suite à celle d’Eunice Kennedy, sa soeur, le 11 août dernier.


Les derniers de la fratrie emportent dans leur tombe le secret de Rosemary. L’aînée du clan, lobotomisée dans sa jeunesse, est décédée en 2005 dans un couvent, dans l’anonymat complet. Rosemary, comme l’a révélé Pierre Pratabuy dans une minutieuse enquête ( XXI n°6), est l’oubliée de cette famille légendaire. Contactés l’année dernière par le journaliste, ni Ted ni Eunice n’avaient souhaité répondre aux questions.

 

L.M.

 

Voir aussi sur le blog "Pierre Pratabuy met en lumière les Kennedy".

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 00:00

 

 A la suite de la publication du récit d’Anna Miquel sur la mort de Philippe de Dieuleveult, « Les crocodiles du Zaïre »  (N°4 de XXI), le Parquet de Paris a décidé le 25 mai d’ouvrir une enquête préliminaire afin d’éclairer les conditions de la disparition de l’animateur-vedette de la « Chasse aux trésors » lors d’une expédition sur le fleuve Zaïre en 1985. « Le but est, notamment, de vérifier la force probatoire des documents établissant que Philippe de Dieuleveult a été, après interrogatoire, exécuté par les services spéciaux du Zaïre », a déclaré Maître Jacques Trémolet de Villers, l’avocat de la famille.

Jean de Dieuleveult, le frère de l’animateur, est à l’origine de cette demande de réouverture du dossier. Il souhaite en particulier que certains documents « secret-défense » soient déclassifiés, et que les enquêteurs français se rendent eux-mêmes en République démocratique du Congo (ex-Zaïre).
 

La journaliste Anna Miquel - qui a recueilli des témoignages et documents mettant en cause dans cette affaire le régime de Mobutu - a été entendue par les enquêteurs : « Je suis ravie que l’on rouvre ce dossier. Mais à condition que mes sources soient respectées et que les enquêteurs français aient les moyens d’aller sur le terrain. »

Léna Mauger 

 

Lire également: Le carnet de Colette Braeckman

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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 00:00


Les élections générales sud-africaines ont lieu aujourd'hui. Jacob Zuma, le candidat de l'ANC, a toutes les chances d'être élu. Dans le numéro 2 de XXI (printemps 2008), Dominique Lorentz publiait ce Flashback éclairant: 


Juin 2005 : Accusé de corruption, Jacob Zuma est limogé de la vice-présidence sud-africaine

Aujourd’hui : Candidat investi par l’ANC, il est en mesure de remporter l’élection présidentielle 




Jacob Zuma, 65 ans, a été désigné, en début d’année, candidat à l’élection présidentielle de 2009 par l’ANC, parti majoritaire en Afrique du Sud. Le leader noir venait pourtant tout juste d’être inculpé de corruption, fraude, blanchiment, racket et évasion fiscale. Quelques années plus tôt, il avait déjà été impliqué dans la même affaire, portant sur des commissions dans le cadre d’un contrat de vente d’armes. Limogé de la vice-présidence en 2005, il était considéré depuis lors comme politiquement mort.


L’histoire commence en juin 1999 avec l’élection à la présidence de la République de Thabo Mbeki, successeur de Nelson Mandela à la tête de l’ANC.  Il prend pour vice-président Jacob Zuma, leader de l’aile gauche du parti. Puis il annonce la création d’une unité spéciale chargée de lutter contre le crime organisé et la corruption. Baptisée les Scorpions, elle est composée d’enquêteurs formés par le FBI.


Au mois de septembre suivant, l’Afrique du Sud commande pour 40 millions de dollars d’armement : avions, hélicoptères, bateaux, sous-marins... Un gigantesque contrat est conclu avec l’entreprise française Thales (ex-Thomson). L’intermédiaire est le conseiller financier de Jacob Zuma, Shabir Shaik, un homme d’affaires actionnaire de plusieurs sociétés d’armement.


Dès novembre 2000, le marché est dans le collimateur des Scorpions. En janvier 2001, Jacob Zuma, soupçonné d’avoir perçu une commission, est entendu par les enquêteurs. L’information est révélée un an et demi plus tard par l’hebdomadaire The Mail and Guardian, qui publie une lettre faisant état d’une proposition de « protection politique » faite par Jacob Zuma à Thales, en échange d’un pot de vin. Signée de l’ancien représentant de Thales à Prétoria, Alain Thétard, elle n’est pas authentifiée mais provoque une tempête médiatique.


Une affaire de viol

En 2003, le procureur général, également patron des Scorpions, Bulelani Ngcuka, annonce qu’il abandonne les charges contre Jacob Zuma : « Il y a, à première vue, des raisons d’accuser de corruption le vice-président, mais nos perspectives de succès ne sont pas assez fortes ». En résumé, « le vice-président est corrompu, mais il se pourrait bien que nous ayons du mal à le prouver », commente le Weekend Argus, tandis que le quotidien The Star estime qu’on assiste à un « bras de fer » entre les deux poids lourds du parti au pouvoir.


En 2004, l’ANC remporte les élections. Thabo Mbeki démarre un deuxième mandat, avec Jacob Zuma pour vice-président. En juin 2005, Shabir Shaik est reconnu coupable de corruption et condamné à 15 ans de prison. L’ancien conseiller aurait  payé 1,3 million de rands (160 000 euros) de pots de vin à Jacob Zuma entre 1995 et 2001. Il aurait aussi négocié un accord prévoyant le versement, par Thales, de 500 000 rands (60 000 euros) annuels au vice-président. Thabo Mbeki prend la décision, « dans l'intérêt du pays », de relever le vice-président de sa fonction. Une semaine plus tard, Jacob Zuma est inculpé de corruption. « Zuma est fini ! » titrent les gazettes. Son procès s’ouvre en octobre et s’achève, en septembre 2006, par un abandon des charges à la faveur d’un vice de procédure.


En parallèle, il est acquitté dans une affaire de viol après avoir expliqué que la plaignante était « en demande » et que « dans la culture zouloue, une femme en demande doit être satisfaite ». Il scandalise en racontant qu’il savait la jeune femme séropositive, mais qu’il n’a pas utilisé de préservatif car il n’en avait pas « sous la main ». « Pour limiter les risques, j'ai pris une douche complète après », précise-t-il. La presse se déchaine ; le plus célèbre caricaturiste, Zapiro, prend l’habitude de le dessiner avec une douche au-dessus de la tête. A part ses fidèles soutiens de l’aile gauche de l’ANC, plus personne ne croit en son avenir politique.


Il fait pourtant un retour fracassant. Demeuré vice-président de l’ANC, il se fait élire à la présidence du parti le 18 décembre 2007, avec 60% des suffrages. Deux jours plus tard, le procureur général, Mokotedi Mpshe, prévient sur la radio 702  qu’il a « suffisamment d’éléments pour le déférer en justice ». En retour, Jacob Zuma, dont les proches tiennent désormais les postes clés de l’ANC et du gouvernement, annonce le démantèlement des Scorpions, décision approuvée par le ministre de la sécurité.


L’inculpation pour corruption tombe le 28 décembre. Le 8 janvier, le comité exécutif de l'ANC « confirme que son président mènera la campagne du parti lors des élections de 2009 », en dépit de son inculpation. Le procès doit s’ouvrir le 14 juillet prochain, à moins que les charges ne soient abandonnées, faute de preuves. Jacob Zuma a déposé mi-février un recours pour empêcher l'utilisation, par l’accusation, de documents compromettants saisis lors de perquisitions à ses domiciles. Le jeu reste ouvert.

Dominique Lorentz 

 

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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /2008 13:00

A deux reprises depuis sa création, XXI a traité directement ou indirectement de la question des prisons françaises.

Il y eut d’abord dans le numéro “Russie, le dollar et le marteau” l’important traitement consacré au film “A côté”, réalisé par Stéphane Mercurio. Dans le numéro 4, “Destins d’Afrique”, Judith Perrignon consacre également un long récit à Lucilia, morte le 18 janvier 2008 à la maison d’arrêt des femmes de Fresnes.

Avocat général à la Cour des comptes, sous-directeur en 2006 et 2007 de l’organisation et du fonctionnement de l’administration pénitentiaire (AP), Jérôme Filippini dit retirer de son expérience “un regard à la fois impliqué et empathique pour un univers qui mérite mieux que les raccourcis médiatiques ou idéologiques et la vaine joute rhétorique des “sécuritaires” et des “abolitionnistes””.

Lecteur de XXI, il nous a adressé une contribution que nous avons décidé de publier. Cette contribution est rédigée à titre personnel et n’engage aucunement, précise Jérôme Filippini, les administrations auxquelles il a appartenu ou appartient.

Pour lire, cliquer ici. (pdf. 180 Ko)
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